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Suicide en direct sur Periscope: la victime dit avoir été violée par son ex-compagnon

Le parquet d'Evry, en Essonne, a ouvert mercredi matin une enquête sur les circonstances de la mort d'une jeune fille qui s'est jetée sous un train. Son suicide a été filmé et diffusé en direct sur l'application Periscope.

Mardi soir, aux alentours de 16h30, une jeune femme de 19 ans s'est jetée sur les rails du RER C tout en filmant son geste en direct sur l'application Periscope. Le drame, survenu à Egly, dans l'Essonne, où la victime s'était récemment installée, a été visionné en par des centaines d'internautes. Selon Le Parisien, qui révélait l'affaire, les secouristes dépêchés sur place n'ont pu que constater le décès de la victime.

Le parquet d'Evry, saisi de l'affaire, a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête pour "découverte de cadavre" confiée à la brigade de gendarmerie de Palaiseau. Dans un communiqué, le parquet d'Evry explique que la victime aurait adressé un SMS "à l'un de ses proches" quelques minutes avant de passer à l'acte. "Elle aurait par ailleurs fait des déclarations à des internautes, via l'application Periscope, pour expliquer son geste", détaille Eric Lallement, le procureur de la République d'Evry.

Violée par son ex compagnon?

Dans le SMS envoyé à une jeune homme, ami de son ex petit-ami, la jeune femme, qui travaillait dans une maison de retraite, rapporte des violences et un viol que lui aurait fait subir son ancien compagnon. Dans une vidéo postée sur Periscope, elle donnerait le nom de son violeur présumé. Le procureur de la République a précisé que cet homme avait été identifié. Les autorités restent toutefois très prudentes quant à ces allégations, aucune plainte pour viol ou violences n'a été recensée dans le secteur.

"Des premiers éléments d’enquête recueillis, il résulte que celle-ci, au profil psychologique fragile selon ses proches, s’exprime longuement sur sa vie et ses relations affectives difficiles avec son ancien compagnon", détaille Eric Lallement. La famille de la jeune fille, son père et sa soeur notamment, ont été auditionnés mercredi après-midi. Une autopsie, ainsi que des analyses toxicologiques et médicamenteuses vont être réalisées dans les prochains jours.

"Plus rien me donne envie"

"Ce qui va être dit, ça va aller. Ce qui va se passer risque d'être très choquant", a-elle déclaré dans l'une des vidéos. Au total, la jeune fille a filmé cinq vidéos le jour de son suicide, enregistrées dans son appartement situé dans le centre-ville d'Egly et diffusées sur l'application. La plus longue dure près d'une heure. Conseillant alors aux "gens mineurs" de ne pas regarder, cette jeune femme au long cheveux noirs a alors fait part de son malaise et de son mal-être, mais assure "ne pas vouloir faire le buzz".

"Je suis arrivée au stade où j’ai plus rien qui me donne envie (...)", a-elle alors confié. 

Dans une ultime vidéo, il semblerait que la jeune victime, originaire d'Arpajon, en Essonne, filme ses dernières minutes. Quelques instants passent puis le visage d'un pompier, ramassant le téléphone portable, apparaît. "Elle a sauté, là?", réagi un utilisateur. D'autres appellent ceux qui se trouvent à proximité d'Egly à prévenir les secours. Les données du téléphone portable vont désormais être exploitées par les gendarmes de Palaiseau. "Les enquêteurs s'attacheront à préciser les mobiles de son geste et, le cas échéant, à élargir les investigations déjà engagées", conclut le parquet d'Evry.

J.C.