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SONDAGE BFMTV - Le moral des Français au plus bas depuis février 2011

Seuls 26% des Français se montrent optimistes quant à l'avenir de leur pays et 50% à titre personnel.

Seuls 26% des Français se montrent optimistes quant à l'avenir de leur pays et 50% à titre personnel. - -

Les Français n'ont pas confiance dans l'avenir de leur pays. 71% d'entre eux se déclarent pessimistes. La sérénité n'est pas à chercher non plus du côté de leur avenir personnel. Seuls 50% se déclarent optimistes.

La France compte 26% d'optimistes. Un résultat en baisse de trois points par rapport au mois dernier. C'est peu. Ce chiffre nous ramène à celui de février 2011, date du début des mesures du baromètre du moral des Français mesuré mensuellement par l'institut CSA.

> La crise, première cause du pessimisme

Face à la situation économique et sociale du pays, les réponses obtenues dans le cadre d'une question ouverte pointent un fatalisme face à la crise. Les Français ont l'impression que les difficultés s'accumulent sans être à aucun moment contrebalancées par des perspectives positives.

• La crise, mère de tous les maux

Les symptômes évoqués par les uns et les autres sont, au premier chef le chômage, suivi de la dégradation du pouvoir d'achat qui entraîne lui-même une baisse de la consommation. Le sentiment dominant est que la crise est partie pour durer sans qu'aucune amélioration ne soit pour l'instant perçue. Certains pointent même une accélération de la dégradation de la situation économique.

• La réforme des retraites cristallise les inquiétudes

Les catégories les plus âgées s'inquiètent de la réforme des retraites à venir. Les mots d'"injustice", de "manque de courage" et de "démagogie" reviennent. Tout en craignant une réforme "trop restrictive", les sondés reprochent pour beaucoup au gouvernement de ne pas réformer suffisamment en profondeur pour assurer un avenir pérenne des retraites.

Les Français montrent plus d'optimisme à titre personnel qu'en ce qui concerne l'évolution de la société, mais les deux sont en baisse.
Les Français montrent plus d'optimisme à titre personnel qu'en ce qui concerne l'évolution de la société, mais les deux sont en baisse. © -

> Critique du gouvernement à droite, peur de la montée des extrêmes à gauche

• A droite, une grande défiance

Le gouvernement n'est, pour les sympathisants de droite, "pas du tout à la hauteur de la tâche". La défiance envers le président Hollande est tout aussi marquée. Il serait ainsi incapable de lutter contre l'augmentation du chômage, incapable aussi de lutter contre la désindustrialisation, incapable de restaurer les finances de la France ou de résoudre les problèmes de la Sécurité sociale et des retraites.

Une des personnes sondées, qui se déclare sans préférence partisane, stigmatise l'absence de "mesures concrètes" pour aider les Français et le fait que "les riches s'enrichissent" tandis que "les pauvres s'appauvrissent".

• A gauche, on dénonce un climat délétère

Logiquement les critiques directes sont beaucoup moins nombreuses chez les sympathisants de gauche. Ceux-ci préfèrent rendre compte d'un climat général qui favoriserait la montée des extrêmes et en particulier de l'extrême droite. La montée de l'homophobie est pointée à de nombreuses reprises, ainsi que le "chacun pour soi", sont également relevés par cette catégorie de la population.

L’optimisme pour l’avenir de la société française selon l’âge, la catégorie socioprofessionnelle et la proximité politique.
L’optimisme pour l’avenir de la société française selon l’âge, la catégorie socioprofessionnelle et la proximité politique. © -

> Un avenir personnel en demi-teinte

L'avenir personnel des Français leur donne un peu plus le sourire. 50% des sondés se disent optimistes, concernant leur propre vie. Mais cet indice est cependant en baisse de 4 points par rapport au mois dernier. Les professions intermédiaires, particulièrement dans la tranche des 35-64 ans, sont les plus concernées par cette baisse individuelle de moral.

Ce sont l'emploi à temps partiel subi, le chômage, la difficulté à se réinsérer après une période d'inactivité, qui agrègent la plupart des inquiétudes. En corollaire, les difficultés financières se profilent, "ma famille et moi survivons plus que nous vivons", explique une des personnes sondées. Cette expression revient à plusieurs reprises.

La perte du pouvoir d'achat est couplée à une impression de "matraquage fiscal social-démocrate", explique par exemple un sympathisant du Front de gauche. "Les mesures d'austérité prises par le pouvoir vont appauvrir les classes moyennes", ajoute-t-il. On observe que les critiques transcendent les clivages politiques traditionnels.


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Sondage exclusif CSA/BFMTV réalisé par téléphone et par Internet du 4 au 19 juin 2013.

Echantillon national représentatif de 3030 personnes résidant en France âgées de 18 ans et plus, constitué d'après la méthode des quotas (sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle du chef de ménage) après stratification par région et taille d’agglomération.

David Namias