BFMTV

"Signaux faibles de radicalisation": le président de l'université Cergy regrette le formulaire envoyé en interne

François Germinet, directeur de l'université Cergy-Pontoise, a dit regretter qu'un formulaire visant à déceler les "signaux faibles de radicalisation" au sein de l'établissement ait été envoyé en interne. Ce document "n'aurait jamais dû être fait", a-t-il reconnu sur notre antenne.

Le président de l'Université Cergy-Pontoise a regretté la diffusion du formulaire controversé qui avait pour vocation de recenser les "signaux faibles de radicalisation", afin de lutter contre la radicalisation au sein des universités.

Ce formulaire excel "n'aurait jamais dû être fait", a reconnu François Germinet sur notre antenne ce mardi soir. Le mail, qui avait été envoyé au personnel de l'université francilienne au lendemain de l'attentat de la préfecture de police de Paris, a été mis en place par "les services de sécurité" de l'établissement universitaire, explique le chef d'établissement universitaire.

"Ça stigmatise une population"

Dans "cet appel à la vigilance", le personnel de l'université était invité à signaler les personnes soupçonnées d'être radicalisées, s'ils constataient "qu'un individu (étudiant ou collègue) présentait un ou plusieurs signaux listés dans cet imprimé". Des "signaux faibles" censés alerter, mais qui s'avéraient pourtant relativement banals pour une personne de confession musulmane, comme l'arrêt de la consommation d'alcool, le port soudain du voile ou encore un intérêt soudain pour la région par exemple. Il a depuis été retiré, selon l'université.

"C'est un document interne à l'établissement, ce n'est donc pas l'État qui nous a envoyé ce formulaire", reconnaît encore François Germinet ce mardi. 
"C'est une initiative locale, et effectivement si on l'avait vue à temps on l'aurait bloquée", ajoute-t-il. "En tout cas je l'ai immédiatement retirée, parce qu'il (le formulaire) appelle à la polémique alors que l'objectif du message est de sensibiliser pour nourrir le dialogue et amener les personnes en situation difficile à contacter l'établissement. Et là, ça stigmatise plutôt une population", a encore regretté François Germinet. 

Le chef d'établissement avait déjà condamné un message "extrêmement maladroit", ne correspondant pas à ce que l'université Cergy-Pontoise souhaitait véhiculer. "Certains collègues "sont parfois confrontés à des situations délicates et ne savent pas comment réagir", avait-il déclaré.

Jeanne Bulant