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Séquestré et torturé : embrouille entre copains ou acte antisémite ?

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Un jeune juif a été séquestré à Bagneux par une bande : l’émotion est forte dans la ville, théatre il y a deux ans de la mort d’Ilan Halimi dans des conditions similaires.

Bagneux dans les Hauts-de-Seine est sous le choc. Un jeune juif de 19 ans a été séquestré et torturé par une bande de 6 voyous, le 22 Février dernier. En 2006, à Bagneux déjà, un jeune juif de 23 ans, Ilan Halimi, avait été séquestré et tué par ceux qu'on avait ensuite surnommés "le gang des barbares".

Cette fois-ci, le jeune homme, de confession juive, a été attiré chez ses agresseurs présumés, qui l'accusaient de vol et lui demandaient une explication. Très vite, le ton est monté. les six voyous de la bande ont attaché la victime, lui ont passé des menottes, l'ont frappé, avant de lui écrire sur le visage avec un feutre « sale juif » et « sale pédé ». Ils l'ont ensuite obligé à avaler des mégots de cigarette et à sucer un préservatif au bout d'un bâton, pour finalement le relâcher en début de soirée.

Hospitalisé, il est ressorti en état de choc. Il a porté plainte et le 27 février dernier, la bande a été arrêtée et a reconnu, semble-t-il, la plupart des faits.

Hier soir , le maire de Bagneux Marie Hélène Amiable ne cachait pas son émotion et demandait que justice soit faite au plus vite. En effet, au micro de Christophe Bordet pour RMC, elle explique que les agresseurs présumés sont des « jeunes qui habitent pour la plupart dans la même résidence que la jeune victime », rappelant qu'il ne s'agit pas « du quartier qui connait le plus de problèmes à Bagneux ».

De plus, elle souhaite que cette affaire soit traitée « avec sérieux, sans amalgame hâtif » et elle souligne que « les valeurs de Bagneux sont des valeurs de tolérance, de lutte contre le racisme et l'antisémitisme » pour éviter que l'on « montre du doigt tous les habitants de la ville ».

Pour maître Fouad Deffous, avocat d'un des agresseurs présumés, il s'agit d'une « embrouille entre copains » qui a duré « environ trois heures » suite à une « histoire qui a mal tourné et une demande d'explication ».

La rédaction et Christophe Bordet