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Ségolène Royal valide la destruction de maisons pour préserver des violettes

La violette de Rouen est une espèce endémique des éboulis instables de la vallée de la Seine et de la Haute-Normandie.

La violette de Rouen est une espèce endémique des éboulis instables de la vallée de la Seine et de la Haute-Normandie. - Wikimedia - CC - BY-SA 3.0

La ministre de l’Écologie Ségolène Royal a validé un tracé pour le contournement routier de Rouen qui entraîne l'expropriation de plusieurs riverains. La raison? sauvegarder une espèce rare de fleurs qui pousse dans la région.

"L'amour est un bouquet de violettes" chantait Luis Mariano... sauf peut-être pour certains habitants d'Authieux-sur-le-Port-Saint-Ouen en Seine-Maritime. En effet, le ministère de l'Ecologie a donné son accord pour détruire les maisons implantées sur le tracé du contournement Est de la ville de Rouen afin de préserver une espèce rare de violette, rapporte mercredi matin dans son journal RTL.

"Les violettes, un intérêt capital à côté de la vie des gens?"

C'est le cas de Daniel et Yannick Faucon qui ont acheté leur maison en 1980 située rue du Clos du Mouchel. "On est venu ici parce que c'est un endroit calme, tranquille... avec des champs, des oiseaux et on veut nous supprimer notre environnement, l'environnement où l'on vit depuis des années... tout ça à cause des violettes", déplorent-ils au micro de RTL, avant de se demander "si les violettes sont-elles d'un intérêt capital à côté de la vie des gens?". En juin 2014, ils avaient déjà témoigné (vidéo ci-dessous) de leur désarroi auprès de Normandie Actu.

La violette de Rouen, une espèce endémique

Pour rappel, ce contournement routier, qui vise à désengorger l'agglomération rouennaise d'une partie de son trafic, a fait l'objet d'un débat public en 2005. Et la violette avec. En effet, le projet de déviation devait faire passer les poids-lourds vers les bords de Seine, là où pousse la fameuse violette de Rouen. Une espèce endémique, c'est-à-dire rare et protégée.

Indignés par ce carnage environnementale, des associations de protection de la nature ont traîné l'affaire en justice. Le 19 juin 2014, le tribunal administratif de Rouen donnait raison aux associations et son accord pour modifier le tracé. Mais c'était sans penser aux conséquences pour les riverains.

Le pot de terre contre le pot de fer

"C'est aberrant", lâche de son côté le maire d'Authieux qui dit "ne pas comprendre" la décision. "Je pense que les habitants concernés sont très pénalisés. Leur bien ne vaut plus rien", ajoute-t-il à RTL. Mais l'élu reste optimiste: "Les pots de terre arrivent à gagner contre les pots de fer. On a la foi, on y arrivera". Un recours contre l'accord du ministère de l'Ecologie devrait être déposé dans les prochaines semaines.

Mélanie Godey