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Sa famille le fait passer pour mort pour qu'il échappe à la justice

La famille d'Hassan, soupçonné de meurtre, est poursuivie pour avoir fait croire à la mort du jeune homme.

La famille d'Hassan, soupçonné de meurtre, est poursuivie pour avoir fait croire à la mort du jeune homme. - Stéphane de Sakutin - AFP

Un juge d'instruction parisien vient de renvoyer devant la justice un homme de 25 ans pour "homicide volontaire" et sa famille pour "usage de faux" et "faux témoignage". Cette dernière a fait croire à la mort de son proche, soupçonné d'avoir tué un ami d'enfance.

Une "fausse mort" plutôt que la prison. Hassan B., 25 ans, vient d'être renvoyé devant les assises par un juge d'instruction pour le meurtre d'un de ses amis en 2011. Sa famille est quant à elle poursuivie devant un tribunal correctionnel pour "usage de faux" et "faux témoignage". Pendant un an, elle a fait croire à la mort du jeune homme pour lui éviter des poursuites judiciaires, selon les informations de RTL et du Parisien.

Cette histoire rocambolesque débute le 27 mars 2011. Pour une banale histoire de chien, Hassan, se sentant "humilié", aurait poignardé à cinq reprises Mehdi, 23 ans, un ami d'enfance avec qui il a grandi dans le quartier de Belleville à Paris. Dans sa fuite, Hassan aurait crié à un passant: "Appelle la police, il va caner".

Un faux suicide 

Alors que la justice lance un mandat d'arrêt international à l'encontre du jeune homme, réfugié au Maroc chez son père, l'enquête aurait pu s'arrêter là. Mais en juillet 2011, la famille de Hassan annonce qu'il se serait suicidé, rongé par le remords. Selon Le Parisien, un certificat de décès à en-tête du ministère de l'Intérieur a même été fourni par le père de Hassan, un "policier de haut rang". Sa petite amie,elle, évoque une prétendue agonie après la prise d'un médicament dans une ferme, avant l'organisation d'obsèques.

Or, les enquêteurs de la brigade criminelle de Paris n'ont pas été dupe très longtemps face à l'incroyable stratagème de la mère, de la compagne et des deux frères du suspect, tous placés alors sur écoute. "Ces gens parlaient de l'enterrement avec le sourire. Le ventre de la fiancée s'arrondissait à son retour du Maroc. Ils évoquaient sans cesse une tante mais à chaque fois qu'ils en parlaient on s'est aperçu qu'ils parlaient du fuyard", témoigne maître Cohen-Sabban, l'avocat de la famille de Mehdi, sur RTL. 

Refus d'extradition du Maroc

Hassan serait donc bien vivant, quelque part au Maroc. "C'est une personne qui vit bien. Il a fondé une famille alors que notre frère est sous terre. Ca fait mal", s'insurge Inès, la soeur de Mehdi. D'autant que le Maroc refuse pour le moment l'extradition du suspect. Pour cette mise en scène, la famille de Hassan, mise en examen en 2012, risque jusqu'à 10 ans de prison.

Pour l'heure, seul le père de Hassan échappe aux poursuites judiciaires. Ce que les avocats de la famille de la victime tentent bien de faire évoluer. "Cette affaire est d'une particulière gravité parce que cette famille est allée jusqu'à fabriquer des preuves pour empêcher le travail de la justice", exposent-ils. "Ils ont osé inventer la mort du meurtrier de mon frère. Cela montre qu'ils n'ont pas d'humanité, pas de conscience", conclut la soeur de la victime.

J.C.