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Restauration de Notre-Dame: les horlogers veulent plus de temps

Située sous la flèche, l'horloge de Notre-Dame qui commandait les quatre cadrans de la cathédrale a été entièrement détruite dans l'incendie.

Les députés se penchent ce vendredi sur le projet de loi déjà polémique de restauration de la cathédrale de Notre-Dame de Paris, grièvement touchée par un incendie le 15 avril dernier. Au menu notamment, la création d'éventuelles dérogations aux règles d'urbanisme et de protection de l'environnement, mais aussi des dérogations qui permettraient d'accélérer les travaux. En effet le chef de l'Etat souhaite que la cathédrale soit reconstruite "plus belle encore" d'"ici cinq années".

"Une véritable prouesse technologique"

Une volonté qui inquiète certains professionnels. Après les architectes, ce sont maintenant les horlogers qui émettent quelques doutes quant à la rapidité des travaux.

Alors comment reconstruire en cinq ans l'horloge de Notre-Dame, totalement détruite dans l'incendie? Avec son mécanisme datant de 1867, long de 3 mètres et lourd de plusieurs centaines de kilos, elle commandait les quatre cadrans de la cathédrale. Elle est jugée par les professionnels comme une véritable prouesse technologique:

"A Notre-Dame il n'y avait pas un gramme d'électricité donc elle (l'horloge) n'a pas pu être équipée d'un quelconque mécanisme automatique, mais technologiquement c'était peut-être l'horloge la plus aboutie", explique Bruno Cabanis, auteur d'un livre sur l'horlogerie, qui avait eu l'occasion de la photographier.

"Dommage de bâcler le travail en 5 ans"

Olivier Chandez est l'horloger de Notre-Dame. Il était chargé d'entretenir le mécanisme. Pour lui, c'est surtout une oeuvre d'art majeure qui est partie en fumée. "Ça va même au-delà d'une peinture ou d'une sculpture parce qu'elle vit", argue-t-il.

C'est pourquoi il s'est donné comme défi de redonner vie à l'horloge avec l'aide de Jean-Baptiste Viot, horloger des Lilas, en Seine-Saint-Denis. Si techniquement, aucun problème n'est insurmontable, ils ont par ailleurs besoin de temps pour l'étudier et reconstituer un mécanisme unique au monde.

"Ça serait dommage de bâcler le travail en 5 ans alors qu'on peut le faire en 20 ans ou en 40 ans, ça n'a pas d'importance", assure Jean-Baptiste Viot. Ce dernier a d'ailleurs créé une page sur les réseaux sociaux où il appelle les artisans à l'aide, pour reconstruire l'horloge à l'identique.

BFM Paris avec Manon Fossat