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Loire: le maire de Lorette retire finalement son arrêté anti-burkini

Un arrêté anti-burkini retiré à Lorette (Photo d'illustration)

Un arrêté anti-burkini retiré à Lorette (Photo d'illustration) - AFP

Rédigé début juin, l'arrêté anti-burkini du maire de Lorette a finalement été retiré en fin de semaine dernière. Mais plusieurs associations avaient déposé plainte. Le maire de cette commune de la Loire a finalement été condamné.

Face à la colère des associations, le maire de Lorette, dans la Loire, Gérard Tardy, aura fini par céder. L'arrêté interdisant le port du burkini autour d'un bassin de baignade communal a été retiré, a annoncé son avocat samedi, d'après France Bleu Saint-Étienne Loire.

2100 euros d'amende

Un retrait qui n'a pas empêché la condamnation de Gérard Tardy. Lundi, le maire de cette commune d'un peu moins de 5000 habitants a écopé de 2100 euros d'amende à répartir entre les trois associations qui l'avaient assigné en justice. "C'est une belle victoire des associations" s'est dit, soulagé, pour BFMTV.com Hamza Ould Mohammed, le président de La Maison des potes 42.

"Le tribunal a estimé que, bien que l'arrêté avait été retiré, c'était une provocation. C'est un message encourageant et un signal lancé aux maires, dont certains auraient voulu l'imiter, qui leur rappelle que dans ce pays il y a des règles et des devoirs et que l'on ne peut pas faire ce que l'on veut."

Affiché à l'entrée de ce plan d'eau, depuis son ouverture le 24 juin dernier, l'arrêté de Gérard Tardy, qui n'avait pas été soumis à l'approbation du conseil municipal, proscrit "monokini, burkini, voile dissimulant partiellement ou totalement le visage, combinaison". Il était par ailleurs accompagné d'un pictogramme représentant la tête d'une femme vêtue d'un voile, barrée d'un trait rouge.

Plaintes des associations

Très vite, la polémique avait enflé. Le texte avait suscité l'indignation d'associations de lutte contre les discriminations qui avaient saisi la justice et demandé des explications à la préfecture. "La pression que nous avons exercée concomitamment devant les tribunaux a été efficace", a expliqué la Fédération nationale Maison des Potes dans un communiqué cité par France Bleu Saint-Étienne Loire.

Mais l'association n'entendait pas pour autant retirer sa plainte et espérait la tenue d'un procès. Le procureur de la République de Saint-Etienne, Jean-Daniel Regnauld, avait déclaré de son côté qu'il effectuerait "une analyse juridique fine et poussée de la situation", avant de décider d'ouvrir ou non une enquête.

Au moins trois autres associations (le Collectif contre l'islamophobie en France, la Ligue des droits de l'homme et l'Association d'aide administrative, sociale et de lutte contre les discriminations) avaient saisi le tribunal administratif de Lyon. Dans le cadre d'un référé-libéré, ce dernier a examiné lundi leur demande d'annulation de l'arrêté polémique.

"Préciser les fondements juridiques de certaines interdictions"

De son côté, le préfet de la Loire, Evence Richard, avait écrit vendredi au maire de Lorette pour lui demander de "préciser les fondements juridiques de certaines interdictions". En fonction de la réponse, il avait indiqué se réserver le droit de saisir également la justice administrative.

En 2016, Gérard Tardy avait déjà fait parler de lui en utilisant les panneaux à messages de la mairie pour inviter ses administrés qui suivaient le ramadan à le pratiquer "sans bruit". "La République se vit à visage découvert", avait-il encore fait écrire.

P.L. avec AFP et Céline Hussonnois-Alaya