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Quand les politiques dénoncent la "surenchère" autour du burkini

Pour Jean-Marc Ayrault la polémique sur le burkini a "dégradé notre image" (photo d'illustration)

Pour Jean-Marc Ayrault la polémique sur le burkini a "dégradé notre image" (photo d'illustration) - AFP

La surenchère sur le burkini "était vraiment insupportable", a estimé Anne Hidalgo ce matin. Alors que les arrêtés anti-burkini sont invalidés les uns après les autres, les messages d'exaspération et de lassitude se multiplient.

Pendant près d'un mois, la polémique sur le burkini a agité les discours politique et médiatique. Entre l'annulation d'une journée de baignade privatisée à Marseille et le "sein nu" de Marianne symbole de liberté évoqué par Manuel Valls, une vingtaine de jours se sont écoulés. Ce matin sur France Inter, Anne Hidalgo, maire (PS) de Paris a exprimé son agacement: 

"On s'est tapé 15 jours de burkini sur tous les médias avec une surenchère qui était vraiment insupportable. Ça vaut pour la gauche et pour la droite. "

"On dégrade notre image"

Même constat pour Jean-Marc Ayrault, invité de France 24 ce mercredi. Le ministre des Affaires étrangères a regretté: 

"Quand on se laisse aller à des surenchères de cette nature, on dégrade notre image. Heureusement nous sommes dans un Etat de droit. (...) Le Conseil d'Etat a pris une décision extrêmement claire. Cela a un peu calmé les choses". 

Toujours à gauche, les mots ont été les mêmes chez Emmanuel Cosse. Le 28 août dans le JDD, la ministre du Logement se disait "choquée de l'ampleur prise par ce débat". Elle regrettait qu'une "question dérisoire (se soit) transformée en débat national obsessionnel".

Les arrêtés successivement invalidés

Le même jour, à droite cette fois, Alain Juppé assurait sur Europe 1 qu'il "faut arrêter de jeter de l'huile sur le feu sur ces questions-là". Le maire de Bordeaux et candidat à la primaire de la droite et du centre appelait à résister "à la tentation d'exiger des lois de circonstance au fil des polémiques médiatiques". 

Avec la décision du Conseil d'Etat de suspendre l'arrêté pris par le maire de Villeneuve-Loubet, les arrêtés anti-burkini sont invalidés les uns après les autres. Dernier en date : celui de Fréjus, invalidé ce mercredi, après ceux de Cannes, Roquebrune-Cap-Martin. Les arrêtés de Menton et Nice doivent encore être examinés par le tribunal administratif de Nice.

M.L.