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Des cathos intégristes en guerre contre une pièce de théâtre

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Depuis le 20 octobre, des dizaines de catholiques intégristes perturbent parfois violemment la représentation parisienne d'une pièce de théâtre à la fin de laquelle le visage du Christ est souillé. Polémique.

Depuis le 20 octobre, la pièce de Roméo Castellucci intitulée « Sur le concept du visage du fils de Dieu » est la cible d'intégristes catholiques. Ils désapprouvent que le visage de Jésus soit souillé à la fin de chaque représentation. Ainsi, tous les soirs, plusieurs dizaines de manifestants tentent de bloquer la représentation qui se déroulait jusqu'alors au Théâtre de la Ville. A plusieurs reprises, ils en sont venus aux mains avec le personnel ou avec des spectateurs.

«C'est cette merde qui est le fil conducteur de ce spectacle»

C'est l'Institut Civitas qui est en pointe de cette protestation. « La liberté d'expression n'est pas sans limites », estime son secrétaire général, Alain Escada. « Le fait que ce soit le Christ qui soit souillé d'excréments est pour tout Chrétien quelque chose de tout à fait inadmissible. Et que les tenants de l'art contemporain poussent le bouchon jusqu'à propager à l'intérieur de la salle de l'odeur de la merde synthétique, ça en dit long sur le niveau de l'art contemporain aujourd'hui. C'est cette merde qui est le fil conducteur de ce spectacle, c'est bien elle qui est suggérée comme recouvrant le portrait du Christ à la fin de ce spectacle ».

«C'est un blasphème pour nous»

Depuis hier soir, la pièce est jouée au « 104 », toujours à Paris. Un changement prévu de longue date et que les manifestants ont décidé de suivre. Marie-Aude en fait partie. Elle a enchainé deux heures de prière à genoux sur le trottoir, un rosaire à la main. « Ce qui me gêne, ce n'est pas que l'on affiche l'image du Christ, mais qu'on y jette des excréments. Jeter des excréments sur une image sacrée, c'est un blasphème pour nous. Une profanation ». Elle, comme les autres, promet de revenir à la prochaine représentation. Elle sera, comme depuis deux semaines, encadrée par les forces de l'ordre.