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Ardennes: une collégienne interdite de cours à cause de sa jupe... trop longue

Pour sa longue jupe noire, Sarah a été exclue deux jours du collège.

Pour sa longue jupe noire, Sarah a été exclue deux jours du collège. - Capture StreetView

Une élève de 3e à Charleville-Mézières, dans les Ardennes, a été interdite de cours à deux reprises dans son collège. La direction de l’établissement lui reproche de porter une jupe jugée "trop longue" et s'apparentant à un signe religieux. 

La jupe de Sarah, 15 ans serait "un signe ostentatoire d’appartenance religieuse". Cette jeune fille, scolarisée en 3e dans un collège de Charleville-Mézières, dans les Ardennes, a été interdite de cours les 16 et 25 avril à cause de sa tenue. D’après le quotidien L’Ardennais, la principale du collège lui aurait signifié que sa jupe noire "trop longue" contreviendrait à la loi sur la laïcité à l’école. La jeune fille, qui porte le voile depuis un an mais l’enlève "tous les matins avant d’entrer au collège", s’est donc vu refuser l’accès en classe le 16 et le 25 avril derniers, à cause de sa jupe.

Une exclusion des cours que Sarah ne comprend pas. Elle explique au quotidien local qu’elle a acheté sa jupe "toute simple" "chez Kiabi, pour deux euros".

Ses parents, eux, ne décolèrent pas contre l’établissement: "Ce n’est pas interdit par la loi de mettre des jupes longues", réagissent-ils. D’après la loi du 15 mars 2004 qui encadre le principe de laïcité, les signes et tenues qui sont interdits sont ceux "par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse". Le texte cite notamment le voile islamique, la kippa ou une croix "de dimension manifestement excessive". 

Une discussion avec la famille

Patrice Dutot, l'inspecteur académique des Ardennes, confirme l'information de l'Ardennais mais temporise: "La jeune fille n'a pas été exclue, on lui a demandé de se représenter avec une tenue neutre et son père semble-t-il n'a pas souhaité que l'élève revienne au collège." Le rectorat est actuellement en discussion avec les parents d'élèves pour désamorcer cette situation compliquée: "Il est parfois difficile de distinguer simplement ce qui relève du port ostentatoire de signes religieux, de la provocation ou de la tentation d'éprouver les limites des règles communes." 

Dans un communiqué de presse, l'académie de Reims insiste sur le fait que ces "manifestations ostensibles d'une appartenance religieuse" n'ont pas provoqué l'exclusion de l'élève concernée (comme nous vous l'indiquions, selon les informations de l'Ardennais), mais que ces situations déclenchent un "dialogue avec les élèves et leur famille".

Un hashtag de soutien sur Twitter

Sarah, elle, a reçu le soutien des réseaux sociaux. Avec le hashtag #JePorteMaJupeCommeJeVeux, les internautes s’indignent de son exclusion. Photo de Nathalie Kosziusko-Morizet à l'appui, en jupe noire dans la cour de l’Elysée, les twittos ne comprennent pas le caractère ostentatoire du vêtement. Quand certaines jupes donnent "accès au tapis rouge, d’autres te font exclure de l’école", écrit un internaute. Marine Le Pen, portant une longue robe bleue sur le tapis rouge à New York, est également citée.

Les princesses Disney ou encore la Statue de la Liberté et leurs longues robes sont aussi appelées à la rescousse de Sarah.

"Ça commence à devenir une hystérie collective"

Cette interdiction de cours de l'adolescente de son collège ne serait pas un cas unique. Le Collectif contre l’islamophobie en France assure avoir recensé une centaine de cas en 2014. Début avril, une vingtaine de jeunes filles scolarisées à Montpellier avaient été invitées à se changer, leurs robes longues ayant été jugées "assimilables à des signes religieux".

Abdallah Zekri, le président de l’observatoire contre l’islamophobie, se dit "révolté". "Ça n’a rien à voir avec les signes religieux ostentatoires. Il y a eu une loi par rapport au foulard, et ça s’arrête là", a-t-il déclaré auprès de RMC. "Le problème de l’islam et des musulmans, ça commence à devenir une hystérie collective", a conclu Abdallah Zekri.

C. B