BFMTV

Que deviennent les cadavres d'animaux dans les zoos?

Ours polaire au zoo d'Amneville, le 4 juin 2010

Ours polaire au zoo d'Amneville, le 4 juin 2010 - Jean-Christophe Verhaegen - AFP

Une enquête de France Bleu Lorraine dénonce le traitement du cadavre d'Olaf, l'ours polaire du zoo d'Amnéville décédé en juillet 2018. Le traitement des corps d'animaux morts est pourtant strictement réglementé et nécessite des preuves de suivi.

L'été dernier,la mort de l'ours Olaf, coqueluche du zoo d'Amnéville, en Moselle, était annoncée. France Bleu Lorraine publie un an plus tard une enquête affirmant que le zoo a voulu se débarrasser du corps de l'animal en le découpant, et a ensuite "tenté de faire disparaître le cadavre". Un acte qui, s'il est avéré, est contraire à toutes les normes et qui pose la question du traitement de ces animaux captifs après leur mort.

"On est réglementé par plusieurs organismes de l'État, et contrôlé plusieurs fois par an. Chaque animal est tracé, c'est facile de suivre le parcours d'un animal, de sa naissance à sa mort", explique à BFMTV.com Rodolphe Delord, directeur du Zooparc de Beauval.
  • Une autopsie obligatoire

En cas de mort d'un animal, "la procédure est claire et très surveillée", martèle Rodolphe Delord, qu'il soit mort de maladie, d'un accident ou de vieillesse, l'animal "doit être autopsié, et un certificat d'autopsie doit être fourni". 

"Y compris les animaux mort-nés et les avortons, font l'objet de la part de personnes compétentes d'autopsies ou, selon les espèces, de tout autre moyen d'analyse approprié", précise l'article 45 de l'arrêté du 25 mars 2004 fixant les règles de fonctionnement des établissements zoologiques.
  • Le recours à un équarrisseur

Vient ensuite le recours à un équarrisseur. Il a pour mission de faire la collecte "des matières pouvant présenter un risque pour la santé et pour l’environnement, dont les cadavres d’animaux et les bio-déchets de la filière agroalimentaire. Un traitement spécifique est ensuite appliqué à ces matières", explique le site du Groupement de Défense Sanitaire, qui prend en charge ces demandes.

Les équarrisseurs interviennent donc dans les zoos, mais également dans les centres équestres, les fermes ou encore chez les vétérinaires. En attendant l'enlèvement des corps, les cadavres sont conservés dans des chambres froides, voire congelés si l'équarrisseur ne peut pas agir rapidement.

"On peut attendre quatre, cinq jours maximum, ça ne dure jamais des semaines", explique Rodolphe Delord. "On conserve aussi un bon de l'enlèvement de l'animal, pour la traçabilité".
  • Don à la science ou au musée

"Dans 99% on a recours aux équarrisseurs", continue le directeur du Zooparc de Beauval. La portion qui reste peut être donnée aux musées, "comme à la Grande Galerie de l'évolution à Paris, dans un but éducatif", ou à des programmes scientifiques.

"L'exploitant doit tenir à la disposition des institutions à caractère scientifique ou pédagogique les cadavres d'animaux susceptibles de présenter un intérêt particulier notamment en ce qui concerne les espèces rares, menacées ou protégées dont il importe que tous les éléments soient conservés dans les archives et collections patrimoniales", dit l'article 56 de l'arrêté de 2004.
Salomé Vincendon