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PSA Aulnay : fin de la grève... contre 20 000 euros chacun.

PSA Peugeot Citroën a annoncé vendredi que la CGT avait renoncé à son recours contre le plan de restructuration engagé par le groupe en France. Le constructeur automobile a signé le même jour avec le syndicat un accord mettant un terme à la grève engagée

PSA Peugeot Citroën a annoncé vendredi que la CGT avait renoncé à son recours contre le plan de restructuration engagé par le groupe en France. Le constructeur automobile a signé le même jour avec le syndicat un accord mettant un terme à la grève engagée - -

La direction de PSA Peugeot Citroën et la CGT ont signé vendredi un accord mettant un terme à quatre mois de grève à l'usine d'Aulnay-sous-Bois, en Seine-St-Denis. La CGT a obtenu l'annulation des poursuites pénales contre certains grévistes, et «une indemnité de fin de litige».

Dès mardi, les 130 grévistes de la CGT reprendront le travail, à l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois, en Seine-St-Denis. La direction du groupe et le syndicat ont signé ce vendredi un accord qui met un terme à 4 mois de grève. Cette grève dure, émaillée d'incidents et qui a paralysé la production de l'usine, avait démarré le 16 janvier à l'appel de la CGT, suivie par la CFDT de l'usine et SUD, qui a depuis quitté le mouvement.

Versement d'une « indemnité compensatoire »

L’accord prévoit l’abandon des procédures disciplinaires et judiciaires engagées par la direction contre des grévistes, ainsi que le non-comptage des jours de grève pour le calcul de la prime de 13 mois notamment, « ce qui atténue fortement les pertes financières de la grève », explique le syndicat dans un communiqué. Surtout, le syndicat a obtenu de la direction une « indemnisation de fin de litige». « Les quelque 130 salariés grévistes qui feraient le choix de quitter le groupe avant le 31 mai pourront bénéficier d'une indemnité compensatoire » de 19 700 euros, a expliqué la direction, qui précise que « ceux qui en bénéficient s'engagent à ne pas saisir les Prud'hommes ». En échange, la CGT a accepté de renoncer à ses recours en justice contre le plan de restructuration.

Tous logés à la même enseigne ?

Une indemnité qui fait des jaloux. « Les non-grévistes n'ont pas droit » à cette indemnité, a souligné Brahim Loujahdi, délégué CFTC de l'usine, syndicat qui a signé le plan social avec la CFDT, la CFE/CGC, FO et le GSEA. Concrètement, grâce à l'indemnité exceptionnelle, un salarié gréviste avec dix ans d'ancienneté partira avec 50 % de plus (60 000 euros, contre 40 000 euros pour un non gréviste) que ce qui était prévu dans le plan social, selon lui. Mais le directeur des ressources humaines du groupe Philippe Dorge a contesté toute inégalité de traitement. Les grévistes qui partiront avant fin mai renoncent à leur préavis, à la période de volontariat et au budget formation (jusqu'à 10 500 euros) prévus dans le plan social, a-t-il souligné lors d'une conférence de presse. « Il n'y a pas d'indemnisation supplémentaire », a-t-il insisté.
Le plan social de PSA prévoit 8 000 suppressions d'emplois en France. Le site, dont PSA a programmé la fermeture pour 2014 afin d'ajuster ses capacités de production en Europe, produit au compte-gouttes depuis le début de l'année. L'usine emploie environ 2 500 personnes.

Philippe Gril avec Reuters