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Prostitution en Seine-Saint-Denis: des mineures très jeunes et en proie aux violences, révèle une étude

La mairie de Seine-Saint-Denis (photo d'illustration)

La mairie de Seine-Saint-Denis (photo d'illustration) - Ludovic MARIN / AFP

L'Observatoire des violences envers les femmes de Seine-Saint-Denis a dévoilé ce mardi une étude révélant que les prostituées présentes dans cette ville sont très jeunes. Par ailleurs, 89% d'entre elles ont déjà subi des violences.

Un tiers d'entre elles a moins de quinze ans, beaucoup sont déscolarisées, la plupart ont déjà souffert de violences, en particulier sexuelles : une étude réalisée en Seine-Saint-Denis et dévoilée ce mardi dresse un tableau inédit de la prostitution des mineurs, phénomène en expansion selon les experts.

"L'objectif est de mieux connaître le parcours de ces jeunes pour mieux les protéger", explique Ernestine Ronai, responsable de l'Observatoire des violences envers les femmes de Seine-Saint-Denis. 

Des mineurs très jeunes sont signalés à la protection de l'enfance

La structure, qui a piloté l'étude, a eu accès à 19 dossiers des juges pour enfants du tribunal de Bobigny et analysé une quarantaine de signalements de la protection de l'enfance. La plupart d'entre elles (seuls trois garçons étaient concernés) sont très jeunes. Les victimes signalées à la protection de l'enfance sont âgées de 6 à 17 ans, un tiers a moins de quinze ans. 

Viols, attouchements, coups à la maison, harcèlement à l'école: 89% des jeunes filles s'adonnant à la prostitution ont par ailleurs subi des violences par le passé, montrent les données des juges. Il s'agit à 40% de violences physiques et sexuelles, souvent commises au sein du foyer. Les mères de 61% des mineures ont été victimes de violences conjugales.

"Un angle mort des politiques publiques"

"Si nous avons fait cette enquête inédite en France, c'est parce que le sujet nous paraît être un angle mort des politiques publiques", affirme Stéphane Troussel, président PS du Conseil départemental.

Il appelle à ce que le phénomène, en "expansion" selon les experts, avec 5 000 à 8000 mineurs filles ou garçons touchés aujourd'hui en France, soit "intégré" aux mesures attendues du Grenelle des violences faites aux femmes. 

A.J. avec AFP