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Propos sur les Roms: 5.000 euros d'amende en appel pour Le Pen

Le président d'honneur du Front national Jean-Marie Le Pen

Le président d'honneur du Front national Jean-Marie Le Pen - Stéphane de Sakutin - AFP

Jean-Marie Le Pen avait été condamné en première instance, le 19 décembre 2013, pour injure publique envers un groupe de personnes en raison de son appartenance à une ethnie après avoir déclaré que les Roms, "comme les oiseaux, (volent) naturellement".

La cour d'appel de Paris a confirmé, jeudi, la condamnation à 5.000 euros d'amende du président d'honneur du Front national, Jean-Marie Le Pen, pour avoir dit que les Roms, "comme les oiseaux, (volent) naturellement". Le fondateur du parti d'extrême droite va "évidement former un pourvoi en cassation", a indiqué son défenseur, Me Wallerand de Saint-Just.

Le 22 septembre 2012, à l'université d'été du Front national à La Baule, en Loire-Atlantique, Jean-Marie Le Pen avait enchaîné, sous les yeux de sa fille Marine, les provocations sur l'immigration, thème fétiche du parti d'extrême droite.

Moquant les Roms, il avait suscité rires et applaudissements nourris en leur attribuant la phrase: "Nous, nous sommes comme les oiseaux, nous volons naturellement."

Le "droit à l'humour" invoqué

Jean-Marie Le Pen avait été condamné en première instance, le 19 décembre 2013, pour injure publique envers un groupe de personnes en raison de son appartenance à une ethnie. 

La cour d'appel a toutefois ramené le chef de condamnation à "complicité" d'injure publique, les propos incriminés ayant été diffusés sur le site internet du FN (en droit de la presse, le diffuseur est auteur principal). Me de Saint-Just avait argué que son client n'avait pas consenti à ce que ce discours soit ainsi diffusé.

Le droit à l'humour, invoqué par la défense de Jean-Marie Le Pen, comporte "des limites et doit cesser là où commencent les atteintes au respect de la dignité de la personne humaine et les attaques personnelles", avait rappelé le tribunal correctionnel de Paris dans son jugement.

Le fondateur du FN était poursuivi par plusieurs associations antiracistes, parties civiles, dont les avocats avaient dénoncé ses "propos nauséeux", sa volonté de "stigmatiser l'autre" ou son "humour raciste".

S.A. avec AFP