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Projet de centre de loisirs Europacity: une future ZAD près de Paris?

Le projet de complexe de loisirs Europacity dans le triangle de Gonesse rencontre l'opposition de plusieurs associations locales. Mobilisées contre le projet qui pourrait s'étendre sur 80 hectares de terres agricoles, certaines n'excluent pas la création d'une ZAD, une zone à défendre.

A Gonesse à 16 kilomètres au nord de Paris, le paysage pourrait complètement se transformer. A l'horizon 2024, le groupe Auchan prévoit d'installer un complexe de loisirs géant dans ce secteur clé, situé dans le Val-d'Oise, entre les aéroports de Roissy et du Bourget. Un projet inédit baptisé Europacity regroupant 500 boutiques, hôtels et parcs d'attraction incluant une piste de ski ou encore un centre aquatique. Ce projet qui nécessite de la place devrait s'installer sur 80 hectares de terres agricoles, des terres sacrifiées pour les associations qui s'opposent à Europacity.

"C'est un projet qui fait partie de ces grands projets inutiles imposés sur le territoire. On est sur deux visions de la vie, deux visions du territoire incompatibles et inconciliables", estime sur BFM Paris Bernard Loup, co-président du collectif pour le Triangle de Gonesse. 

Les associations, dont certaines envisagent la création comme à Notre-Dame-des-Landes d'une Zone à défendre (ZAD) dénonce les conséquences environnementales d'un tel projet. Car si la promesse de plus de 10.000 emplois à pourvoir séduit certains, d'autres s'inquiètent de cette nouvelle urbanisation, de la concurrence hors norme pour le commerce local et de ce projet taxé de gigantisme.

Deux autres centres commerciaux à proximité

Les associations s'interrogent également sur le bien fondé du projet, situé près de deux autres centres commerciaux déjà existants, O'Parinor et Aéroville. Ces divergences ont été mises en lumière au cours de plusieurs mois de débat public qui se sont achevés en juillet dernier et dont les comptes rendus ont été publiés en septembre.

"Ce qui nous a frappé c'est que ce projet avait été pour l'instant conçu sans prise en compte réelle du territoire. Nous, notre recommandation c'est que cette concertation qui a eu lieu pendant quatre mois se poursuive de manière active, honnête et sincère", plaide Claude Brévan, présidente de la Commission particulière du débat public sur Eurocity.

La concertation à peine achevée, le promoteur a annoncé son intention de poursuivre le projet mais doit corriger sa copie. Il devra répondre à des interrogations formulées par la commission dans son rapport, notamment sur les questions liées à l'expropriation des propriétaires agricoles ou encore sur la consommation d'énergie nécessaire pour faire fonctionner ce projet. 
C. B avec Annabelle Vilmont et Anais Crouts