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Projet d'attentat depuis Fresnes: "urgence" sur la radicalisation en prison (Belloubet)

La Garde des Sceaux Nicole Belloubet le 6 octobre 2017 à Nantes

La Garde des Sceaux Nicole Belloubet le 6 octobre 2017 à Nantes - LOIC VENANCE, AFP/Archives

La découverte d'un projet d'attentat mené par deux détenus depuis leurs cellules de Fresnes révèle "l'urgence" du problème de la radicalisation en prison, a estimé ce mardi la ministre de la Justice Nicole Belloubet.

Deux détenus connus pour leur radicalisation en prison et sur le point d'être libérés, un Camerounais de 28 ans et un Français de 22 ans, ont été mis en examen vendredi à Paris par un juge antiterroriste, ont indiqué lundi soir des sources concordantes.

En effet, les deux hommes prévoyaient de réaliser un attentat une fois sortis de prison.

"Ce qui a été révélé hier (lundi) témoigne évidemment de l'urgence de cette situation", a déclaré la ministre sur Europe 1.

Différentes cibles évoquées par les deux hommes

Selon des sources proches de l'enquête, "différentes cibles", comme des surveillants pénitentiaires ou des policiers, et différents modes d'action, une prise d'otage ou encore un mitraillage, avaient été évoqués par les suspects.

Refusant de commenter le fond de l'affaire, la ministre a toutefois estimé qu'elle était importante "sur ce qu'elle symbolise".

"Nous faisons un effort considérable sur le renseignement pénitentiaire avec des créations d'emplois. C'est grâce à ces techniques de renseignement qu'on a pu s'apercevoir de ce qui a été préparé", a rappelé Nicole Belloubet, soulignant également "le travail avec les surveillants puisque ce sont les premiers agents de la lutte contre la radicalisation".

Elle a rappelé la procédure en vigueur pour les détenus radicalisés. Trois prisons en France, dont Fresnes, sont actuellement dotées d'un "quartier d'évaluation de la radicalisation" (QER).

Le Camerounais devait sortir mardi, le Français la semaine prochaine

"Quand un détenu arrive, on passe quatre mois à évaluer son degré de dangerosité. En fonction de cela, il sera placé soit à l'isolement, soit en quartier de très haute sécurité, soit mis en cellule normale mais individuelle toujours", a-t-elle détaillé.

Lors de sa garde à vue, le Camerounais, qui devait sortir de prison ce mardi, a confirmé aux enquêteurs qu'il comptait commettre un attentat sans donner plus de précisions, a précisé une source proche du dossier. Il était un sympathisant de l'EI, a-t-elle ajouté. Le Français devait quant à lui sortir la semaine prochaine.

S.Z avec AFP