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Pourquoi nous devons attendre encore un an pour fêter la fin de la décennie 2010

Décoration à Bangkok.

Décoration à Bangkok. - Lillian SUWANRUMPHA / AFP

Nombreux sont les internautes et les médias à évoquer la fin de la décennie 2010 à l'approche de ce mercredi 1er janvier 2020. Il faudra pourtant attendre encore un an pour voir une nouvelle décennie.

Médias et réseaux sociaux n'en finissent plus (et nous les premiers) de dresser des listes et des palmarès célébrant les réussites, les flops ou encore les moments marquants d'une décennie censée s'achever dans la nuit de mardi à mercredi. Or, comme le fait remarquer CNN, nous devrons en fait attendre encore douze mois pour tourner le dos aux années 2010 et embrasser la décennie 2021. 

La première raison tient à une une bien mauvaise nouvelle: l'an 0 n'existe pas. En effet, si Rosselini a évoqué "l'année 0" de l'Allemagne dans un film, un tel millésime est absent du calendrier grégorien qui a fixé, a posteriori bien sûr, l'origine de notre datation à la naissance du Christ. Plus largement, en-dehors même du système grégorien, la première année de tout calendrier constitue par la force des choses un "An I" et non un "An zéro". Le calendrier républicain, échafaudé par nos révolutionnaires, dénommait ainsi son origine et débutait même factuellement en l'An II. 

L'odyssée du 0

Une autre donnée s'oppose à l'idée d'une décennie terminant à la fin d'une année "en 9" et s'inaugurant autour d'une année "en 0": celui-ci est non seulement un produit d'importation, mais son arrivée dans nos contrées est de plus de tardive.

Son apparition en Europe est ainsi le fruit d'une longue odyssée, retracée ici par le site de l'université américaine de Yale. Pensé d'abord par les Babyloniens sous la haute Antiquité, le zéro est ensuite adopté par les Indiens. Tandis que Grecs et Romains semblent l'avoir ignoré, le mathématicien et astronome Brahmagupta théorise d'ailleurs le zéro en 650, en plaçant des points sous les nombres. 

Au premier siècle de l'islam, voyageurs et conquérants arabes se taillent un empire et multiplient les relations avec de nombreuses cultures. Ils s'inspirent bientôt des Indiens pour mettre au point leurs chiffres et reprennent le 0 à leur compte. Poussant, à l'ouest, jusqu'à l'Espagne actuelle, ils l'introduisent en Europe via "al Andalus".

Quelques décennies se sont écoulées depuis lors, et toutes ont commencé avec le chiffre 1. 

Robin Verner