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Porte d'Aubervilliers: tentative avortée d'évacuation du campement de migrants ce jeudi matin

Une tentative de mise à l'abri de migrants de la porte d'Aubervilliers a été annulée ce jeudi matin. Les associations dénoncent un manque d'organisation.

Confusion à la porte d'Aubervilliers ce jeudi matin: les associations humanitaires qui étaient sur place très tôt dans la matinée ont vu des bus arriver pour prendre en charge des migrants sans présence policière. Pensant qu'une évacuation du campement allait se produire, les organisations ont constaté que l'opération était finalement annulée, les bus ayant quitté les lieux. 

Quelque 700 personnes, installées Porte d'Aubervilliers, devaient quitter le campement pour être mises à l'abri, selon la mairie de Paris, deux semaines après l'évacuation de 1.600 migrants Porte de la Chapelle, à la lisière de la Seine-Saint-Denis.

"Ce matin, la préfecture de région avait prévu une maraude Porte d'Aubervilliers (...). En raison d'un mouvement de foule, les conditions n'étaient pas réunies pour assurer la bonne réalisation de cette maraude. Il a donc été décidé d'annuler l'opération", a confirmé la Préfecture de la région Ile-de-France qui réalise ces mises à l'abri et avait prévu que jusqu'à 400 personnes soient prises en charge. 

"Aucune évacuation des camps de la porte d'Aubervilliers n'était prévue aujourd'hui", a souligné auprès de l'AFP, la préfecture de police de Paris (PP).

"Je n'ai jamais vu ça"

"Je n'ai jamais vu ça", déplore Philippe Caro, de l'association Solidarité migrants Wilson, au micro de BFM Paris. "Il y a de la colère de voir qu'on peut traiter les gens comme du bétail, on les rassemble, on leur fait espérer une mise à l'abri et au bout de deux heures on les laisse en plan", souligne-t-il. 

L'association Utopia 56, quant à elle, déplore un manque d'organisation.

"Il y avait une rumeur de démantèlements, sauf que l'organisation, c'était du grand n'importe quoi", dénonce Yann Manzi, co-fondateur de l'association au micro de France Bleu. Selon lui, il y avait "quelques policiers municipaux mais pas un vrai dispositif pour pouvoir cadrer les choses, on n'a rien compris !". 

Absence de policiers

"Normalement, la Préfecture de police assure la sécurisation de l'opération. Cette fois, il y avait trois fonctionnaires de police", a affirmé Dominique Versini, adjointe à la mairie de Paris chargée des questions migratoires. Selon elle, c'est le signe que "l'État n'est pas décidé à faire la deuxième grande opération d'évacuation des camps parisiens, alors que le froid arrive".

Pour elle, il s'agit de "la première opération de mise à l'abri avortée en 5 ans et demi" et le début de la crise migratoire.

Alexandra Jaegy