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Migrants évacués de campements à Paris: Castaner affirme que "chaque cas sera étudié personnellement"

"L'essentiel pour nous est de faire en sorte que les sites ne se reforment pas", a souligné le ministre dans l'après-midi.

Christophe Castaner a promis une étude de la situation de chacun des migrants évacués de deux campements regroupant plus de 1.600 personnes dans le nord-est de Paris ce jeudi matin."Chaque cas doit être étudié personnellement", a affirmé le ministre de l'Intérieur sur France Info. "Nous allons étudier la situation de chacun".

"Il y a des hommes et des femmes qui sont en parcours de demande d'asile. On a des places dédiées pour cela que nous avons doublées en France depuis 2015. Elles seront plus de 100.000 sur les différents dispositifs d'ici la fin de l'année. On a aujourd'hui une volonté forte de mettre à l'abri et de mieux accompagner celles et ceux qui sont en demande d'asile", a ajouté le ministre. 

16.000 places d'ici 2020

"D'autres ont déjà des papiers et là c'est la situation la plus dingue du système", a complété Christophe Castaner. Pour ces personnes "qui sortent du système" et qui n'accèdent pas au logement social, "nous donnons sur notre quota réservateur de l'Etat, la priorité à ces femmes et ces hommes qui sont en protection, pour accéder à du logement social privé". 16.000 places seront trouvées d'ici 2020 "pour faire cela", a précisé le ministre. 

Quant à ceux "qui n'ont pas vocation à rester en France", l'Etat prendra des obligations de quitter le territoire français (OQTF) et "pour certains d'entre eux, nous procéderons à des éloignements", a poursuivi Christophe Castaner. 

Un troisième camp évacué prochainement

Alors qu'un troisième campement Porte d'Aubervilliers doit être évacué dans les prochaines semaines, "l'essentiel pour nous est de faire en sorte que les sites ne se reforment pas", a souligné le ministre lors d'une visite dans l'après-midi dans un centre d'accueil près de la porte de la Chapelle où a eu lieu l'évacuation.

Outre "la présence policière", Christophe Castaner a évoqué "les aménagements qui ont été mis en place" à Calais, où un immense camp de fortune dénommé la "jungle" a été démantelé fin 2016. "A une époque nous avions 10.000 personnes à Calais, aujourd'hui les sites comptent environ 400 personnes", a dit Christophe Castaner. 

Revenant sur les annonces faites mercredi par le gouvernement sur l'immigration, le ministre a souligné sur France Info "l'échec" de la "non-intégration". 

"Ca fait longtemps qu'on a perdu le contrôle de l'intégration", a-t-il dit. "Le débat n'est pas celui du nombre (...) on n'est pas sur des objectifs quantitatifs" en matière d'immigration, a commenté le ministre.

"Depuis trente ans, nous voyons bien que nous ne contrôlons pas l'immigration et que nous la subissons. La preuve? Les mauvaises conditions d'accueil dans notre pays", a t-il fait valoir.

Cy.C avec AFP