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Perte du triple A : peut-on faire l'économie d'un nouveau plan de rigueur ?

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La France a perdu sa note de premier de la classe, passant du "triple A" à "AA+". Quelles conséquences cette décision va-t-elle avoir dans la vie des Français ? Faudra-t-il faire des sacrifices ?

Très peu, selon le gouvernement. Après François Baroin vendredi, le Premier ministre François Fillon a écarté ce week-end toute idée d'un troisième plan de rigueur. "Des décisions massives de réduction des dépenses" feraient "prendre un risque majeur" à la croissance, a-t-il-justifié. Le chef du gouvernement table plutôt sur des "réformes structurelles (réforme des retraites, TVA sociale...) pour améliorer la compétitivité de l'économie française".

Depuis l'été dernier, deux plans de rigueur ont été définis, pour un montant d'environ 20 milliards d'euros. L'ensemble de ces mesures ne convainc pas tout le monde, notamment chez les économistes...

« Un plan de rigueur risque d’avoir exactement l’effet inverse »

Peut-on faire l'économie d'un nouveau plan de rigueur ? Alexandre Delaigue, professeur d'économie à l'école spéciale militaire de Saint-Cyr, en est convaincu : « Décider dès maintenant de mener un plan de rigueur pour faire plaisir aux agences de notation ou pour espérer calmer les marchés, risque d’avoir exactement l’effet inverse. Lorsqu’on réduit les dépenses publiques ou qu’on augmente les impôts, en réaction à une conjoncture difficile, le résultat final sera des déficits publics et un endettement supérieurs à ce qui aurait prévalu en l’absence d’un tel plan de rigueur ».

« Que l’Etat accepte de réduire sa dépense »

Pour Philippe Dessertine, professeur de finances à l'université Paris X-Nanterre et directeur de l'Institut de hautes finances, « la seule manière de reprendre le contrôle sur la situation c’est que l’Etat accepte de réduire sa dépense, de manière à redonner la confiance. C’est la seule solution qu’appliquent tous les voisins de la France, sauf la France elle-même. La période électorale est la meilleure pour réfléchir au long terme, elle est la pire si on ne l’envisage qu’en faisant des promesses dont on sait qu’elles ne seront pas tenues ».

La Rédaction, avec Jean-Jacques Héry