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Pénurie de carburant: pourquoi ça dure autant

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Entre 20 et 25% des stations-service rencontraient toujours ce vendredi matin des problèmes d'approvisionnement. Pourquoi le retour à une situation normale prend-il autant de temps ? Explications.

Entre 20 et 25% des stations-service rencontraient toujours vendredi matin des problèmes d'approvisionnement. Et selon les prévisions de Jean-Louis Borloo, on ne peut espérer, au mieux, que 85% de stations en fonctionnement normal durant le week-end.

La lenteur de l'amélioration trouve plusieurs explications. La principale réside dans le blocage de certaines raffineries. Vendredi à l'aube, trois d'entre elles - sur douze au total - restaient bloquées par les grévistes. Dans ce cas, le pétrole brut ne peut pas y entrer pour être transformé en carburant. Et le carburant, ensuite, ne peut pas en sortir.
S'ajoute un second problème : des dizaines de navires transportant le brut sont encore bloqués en Méditerranée. Donc, même les raffineries ne faisant pas l'objet d'un mouvement de grève ne peuvent remplir normalement leur office. Un phénomène accentué lorsque ces mêmes raffineries appartiennent à un unique groupe pétrolier. L'intégralité des stations-service de l'enseigne, ainsi que des sous-enseignes, se trouvent privées d'approvisionnement.

Résultat, impossible d'assurer une distribution normale à la pompe, et de surcroît avec une grande disparité de situations d'une région à l'autre. Selon Franck Ibled, créateur du site internet Carbeo.com, « si l'on recense chez nous ce vendredi un peu plus de 26% de stations en difficulté, la pénurie peut atteindre 40% dans certaines zones, soit bien plus que la moyenne ».
Ainsi, ce vendredi matin, on pouvait constater sur la carte RMC.fr/Carbeo que la Haute-Savoie enregistrait encore presque deux tiers (63%) de stations ayant un problème d'approvisionnement sur au moins un carburant, tandis que dans le Tarn-et-Garonne, presque aucune ne rencontrait de souci au même moment.