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Peines de jours-amende requises contre les postiers de Bègles

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BORDEAUX (Reuters) - Des peines de jours-amende ont été requises vendredi par le ministère public contre huit syndicalistes de la Poste poursuivis...

BORDEAUX (Reuters) - Des peines de jours-amende ont été requises vendredi par le ministère public contre huit syndicalistes de la Poste poursuivis pour enlèvement et séquestration, et des amendes simples contre cinq autres pour outrages à huissier lors d'une action menée à Bègles (Gironde) en 2005.

Le représentant du parquet de Bordeaux a réclamé devant le tribunal correctionnel des peines allant de 30 jours-amende à 20 euros, soit 600 euros, à 60 jours-amende à 20 euros, soit 1.200 euros, pour les faits d'enlèvement et séquestration, et des amendes simples de 200 à 500 euros pour les faits d'outrage.

Philippe Jaegle a souligné qu'il y avait eu "à l'évidence une séquestration arbitraire qui était planifiée" et qu'elle était aggravée par des violences "par privation de nourriture" et des humiliations.

Le tribunal correctionnel a mis sa décision en délibéré au 3 décembre.

Les faits remontent au mois de mai 2005, lorsque La Poste a lancé son projet CQC (Cap Qualité Courrier) visant à moderniser le traitement du courrier par une restructuration prévoyant la création de plate-formes dans une vingtaine de grandes villes entraînant des suppressions d'emplois.

Le conflit social était tendu et des salariés ont retenu cinq cadres, dont le directeur du site, pour obtenir l'ouverture de négociations.

La préfecture a décidé de mettre fin à l'action le lendemain par l'intervention des policiers du GIPN et le placement en garde à vue de neuf des syndicalistes.

Les 13 syndicalistes ont été sanctionnés par la Poste de peines d'exclusions temporaires de 6 mois à 2 ans et de mutations d'office.

Tous ont expliqué que la situation leur avait échappé devant des salariés excités par les "provocations" de la direction.

Les cinq cadres de la Poste ont dit qu'ils avaient subi des humiliations et qu'on les avait privés de nourriture, ce que les syndicalistes ont nié.

Par l'intermédiaire de l'un de ses avocats, Me Jean-Baptiste Robert-Despouy, la Poste a demandé un total de 440.000 euros de dommages et intérêts, les cinq cadres demandant l'euro symbolique.

Me Gérard Boulanger, l'un des avocats des syndicalistes, a plaidé la relaxe, estimant que la séquestration n'était pas constituée juridiquement, le blocage étant l'oeuvre des salariés à l'extérieur et pas des représentants syndicaux se trouvant dans le bureau avec les cadres.

Claude Canellas, édité par Patrick Vignal