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Paris: plus de 200 urgentistes manifestent pour des hausses de salaires et d'effectifs

"Le patient n'est pas une marchandise", ont écrit des employés en grève des urgences devant un hôpital parisien, le 15 avril 2019

"Le patient n'est pas une marchandise", ont écrit des employés en grève des urgences devant un hôpital parisien, le 15 avril 2019 - Kenzo Tribouillard - AFP

Le collectif inter-Urgences réclame notamment des hausses de salaires de 300 euros net par mois et la sécurisation des locaux.

Plus de 200 personnels des services d'urgence, en crise depuis bientôt trois mois, ont commencé à défiler jeudi à Paris pour demander notamment des hausses de salaires et plus d'effectifs.

Partis de Montparnasse, les manifestants, dont certains brandissaient une pancarte "Soignants méprisés, patients en danger", répondaient à un appel du collectif Inter-Urgences soutenu par les syndicats CGT, SUD et FO et l'Association des médecins urgentistes de France (Amuf). Le cortège s'est mis en marche vers 14h en direction du ministère de la Santé où une délégation doit être reçue par le cabinet de la ministre Agnès Buzyn.

"On a perdu près de 40% de l'effectif en 10 ans"

Le collectif Inter-Urgences revendique 80 services en grève dans toute la France, près de trois mois après le début du mouvement né à l'hôpital parisien Saint-Antoine après une série d'agressions. Il réclame des hausses de salaires de 300 euros net par mois, des hausses d'effectifs ou encore la sécurisation des locaux.

"Nous manquons de sécurité, nous subissons des agressions verbales et physiques régulières des patients", s'est indignée une infirmière de l'hôpital parisien Georges Pompidou qui n'a pas souhaité donner son nom. "On a perdu près de 40% de l'effectif en 10 ans", a déploré Florent, infirmier depuis 13 ans au CHU de Bordeaux, "déterminé à poursuivre la grève".

"Refondation" des services d'urgences

Jeudi matin, Agnès Buzyn a annoncé lors du congrès des urgentistes à Paris le lancement d'une mission de "refondation" des services d'urgences, promettant une "stratégie d'ensemble".

Elle a également promis un soutien financier aux établissements connaissant des surcroîts d'activité et s'est engagée à inciter les hôpitaux à "mobiliser plus largement" une prime de risque existante, de près de 100 euros brut par mois, pour les personnels paramédicaux.

Salomé Vincendon avec AFP