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Paris a perdu 53.000 habitants en 5 ans, soit le plus fort déficit migratoire de tous les départements français

A l'inverse, le nombre d'habitants en Seine-Saint-Denis et en Essonne notamment ne cesse d'augmenter.

C'est un cas unique en Ile-de-France: la capitale française ne cesse de voir sa population baisser d'années en années, selon les données publiées par l'Insee ce mercredi.

En cinq ans, le nombre d'habitants à Paris a baissé de 53.095 habitants, passant ainsi de 2.240.621 Parisiens en 2012 à 2.187.526 en 2017, soit l'équivalent de la population des 2e et 4e arrondissements cumulés.

C'est "le plus fort déficit migratoire apparent de tous les départements français" selon l'INSEE.

Ces chiffres seraient la conséquence d'une baisse du nombre de personnes s'installant à Paris, s'ajoutant à une hausse des habitants quittant la capitale. Un schéma inverse à celui des années 2000, où la ville gagnait en moyenne 10.000 habitants par an selon l'Insee.

11.000 habitants perdus par an

"La capitale perd 11.000 habitants chaque année, alors qu'elle en gagnait presque 10.000 entre 2007 et 2012", détaille l'INSEE.

Ces résultats préoccupent la mairie, qui souhaite encadrer davantage les résidences secondaires et les appartements touristiques comme ceux d'AirBnb.

"À Paris, seulement 82 % des logements sont des résidences principales. Ce chiffre a chuté de 3,3 % ces cinq dernières années en raison de la hausse des résidences secondaires et des meublés touristiques type Airbnb. C'est pourquoi nous réclamons des outils réglementaires plus efficaces. Il faut inciter les propriétaires à remettre ces logements inoccupés sur le marché immobilier", détaille Emmanuel Grégoire (PS), 1er adjoint à la maire de Paris, interrogé par Le Parisien.

Les locations meublées touristiques plus rentables

Ces logements destinés au tourisme empêcheraient les familles de s'installer, notamment dans le centre de la capitale.

"Il y a un double phénomène qui fait partir les familles. Non seulement les rares biens disponibles sont transformés en locations meublées touristiques, souvent par des professionnels attirés par une rentabilité 2,5 fois plus importante que celle des locations à l'année. Mais cela entraîne aussi une hausse des prix à la location et à l'achat", selon le maire du 2e arrondissement (EELV) Jacques Boutault.

Un schéma qui n'est pas suivi par le reste de la région où le nombre d'habitants ne cesse d'augmenter. C'est en Seine-Saint-Denis que la hausse est la plus importante avec une croissance de 5,1% en 5 ans. En Essonne, les habitants ont augmenté de 4,2% sur la même période.

Alexandra Jaegy