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« On nous fait mourir à petit feu »

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Promesses de campagne non tenues et flambée des prix. voilà les causes de la colère des retraités qui manifestent aujourd'hui dans toute la France.

Les syndicats sont unis dans les rues de Paris et des principales villes de province aujourd'hui pour réclamer l'augmentation immédiate des retraites. Une journée nationale d'action à l'appel de la CGT, de la CFDT, de FO, de la CFE-CGC, de la CFTC, de l'UNSA retraités et de la FSU.

L'augmentation de 1,1% des retraites au 1er janvier alors que l'inflation a été de 2,6% (sur un an) en 2007 cristallise le mécontentement des retraités d'autant que Nicolas Sarkozy avait fait de leur pouvoir d'achat un thème de campagne.

En effet, plusieurs catégories de retraités sont concernées. Tout d'abord, ceux qui ont peu cotisé et qui bénéficient du minimum vieillesse, 628,10 euros par mois pour une personne seule. Une somme qui devrait être revalorisée de 25% sur 5 ans, promesse du gouvernement. Pour 2008 , une avance de 200 euros doit leur être versée, normalement fin mars. Autre catégorie, les bénéficiaires du minimum contributif. Il s'agit des retraités dont les salaires étaient très bas ou qui ont eu une carrière incomplète. 579,85 euros par mois, 3,7 millions de personnes sont concernées.

Les veuves ou veufs réclament également de meilleures pensions de reversion, 545 euros brut en moyenne par mois actuellement. Et puis il y a la majorités des 13,5 millions de retraités qui ont eu une carrière complète et qui touchent aujourd'hui 1 400 euros en moyenne. Eux aussi souffrent de la flambées des prix.

Les retraités pourraient bien faire savoir à Nicolas Sarkozy qu'ils sont en colère dans les urnes. Selon un récent sondage, 52 % affirmaient qu'ils voteraient pour l'UMP et ses partenaires aux municipales de dimanche, alors que 65% des retraités avaient vôté pour le chef de l'Etat aux présidentielles de 2007.

Pour Yvette petite retraitée de 82 ans qui habite le 19ème arrondissement de Paris, « c'est sûr, bon nombre de ses amis pourraient bien sanctionner la majorité pour ses promesses non tenues ». En effet, pour elle c'est « pas de sorties, pas de restaurant, plus de vacances... » et « il faut faire les courses quand même ». En comparant ses tickets de caisse, elle a bien remarqué une augmentation « de cinq à sept euros » à chaque fois qu'elle fait son marché.

Armand Arnouille, 80 ans, retraité agricole à Lagorce en Gironde, vit avec moins de 800 euros par mois. Il confesse habiter « un taudis, tout à fait indigne » et considère qu'on le fait « mourir à petit feu ». Pour « survivre », il est obligé de cultiver son jardin malgré son handicap.

La rédaction et Christophe Bordet