BFMTV

Notre Garde républicaine coûte-t-elle trop cher?

Tous les ans, les 500 chevaux de la Garde républicaine ouvrent le défilé militaire du 14 juillet.

Tous les ans, les 500 chevaux de la Garde républicaine ouvrent le défilé militaire du 14 juillet. - -

Un rapport de la Cour des comptes épingle la Garde républicaine, qui coûterait trop cher pour un service principalement symbolique. Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls est prêt à faire des économies, sur l’orchestre de la garde ou encore les forces présentes à l’Elysée, mais pas sur la cavalerie.

Payer 280 millions d’euros par an pour beaucoup de folklore et, finalement, peu de sécurité, la note peut paraître salée. Cette note, c’est celle de la Garde républicaine, qui coûte trop cher selon la Cour des comptes. 2 859 hommes et femmes, militaires et civils, composent cette force spéciale, que ce soient les gardes à moto où les cavaliers que vous verrez sans doute à Paris pour les cérémonies du 8 mai, sans oublier les musiciens. Elle compte au total deux régiments d'infanterie, un régiment de cavalerie – la dernière unité montée de l'armée française - un orchestre et le chœur de l'Armée française.

« Des objectifs de prestige »

Symbole de la République, leur mission est de protéger les Palais nationaux (69% de leur activité) et assurer des « services d'honneur », comme les escortes du Président de la République lors des cérémonies. Mais la Cour des comptes estime qu'une « réduction des moyens serait possible » car les « missions de la Garde répondent davantage à des objectifs de prestige qu'à des besoins de sécurité ». Pour la haute juridiction, « les gardes républicains statiques ne seraient pas en mesure à eux seuls de faire face à des tentatives d'intrusion organisées ».
C’est l’avis aussi du journaliste Philippe Chapeleau, auteur du blog défense de Ouest France. « Qui dit Garde républicaine dit monter la garde, mais ce ne sont pas les personnels de la Garde républicaine qui participent le plus directement à la protection rapprochée du chef de l’Etat, reconnaît le journaliste. Les Gardes républicains seraient bien en peine avec leur sabre, leur lance et leur casque, d’intervenir efficacement si la sécurité du président ou des locaux de l’Elysée était mise en danger ».

Le ministre de l'Intérieur « favorable » à une étude

La réduction des moyens, dit la Cour des comptes, nécessiterait donc une révision des « services d'honneur » et des moyens pour assurer la sécurité de l'Assemblée et du Sénat à « moindre coût », en prenant en compte l'ensemble des forces de sécurité, dont la police, présentes à proximité ou les possibilités de la vidéosurveillance.
Dans sa réponse, le ministre de l'Intérieur se dit « favorable » à une étude sur « l'adaptation des moyens de protection des palais nationaux » tout en soulignant que ces bâtiments sont des « lieux particulièrement sensibles au regard de menaces multiples, au premier rang desquelles la menace terroriste ».

Pas de coupes dans la cavalerie

Il va donc falloir choisir parmi les coupes possibles. Les économies seraient possibles dans la cour de l'Elysée, de Matignon ou de l'Assemblée nationale, où les Gardes républicains, qui restent statiques toute la journée, sont jugés trop inefficaces. En cas de problèmes, ils ne seraient pas assez armés pour intervenir, et les services spéciaux, en civil, sont là pour ça. L'orchestre de la Garde républicaine est aussi dans le collimateur car les concerts ne seraient pas assez rentables. Les tarifs vont être revus à la hausse, et Manuel Valls est d’accord sur ce point. En revanche, le ministre de l'Intérieur dit non à des coupes dans le budget de la cavalerie. Pour la Cour des comptes, il n’y a pas besoin des 500 chevaux, mais Manuel Valls ne veut pas toucher à ce symbole de la Garde républicaine qui, tous les ans, ouvre le défilé militaire du 14 juillet.

Mathias Chaillot avec Pierre Rigo