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"Ce sera beaucoup plus long": l'hypothèse d'une réouverture totale de Notre-Dame en 2024 s'éloigne

Sur BFM Paris, le délégué général de la Fondation Notre-Dame, principal pourvoyeur de fonds pour la restructuration de l'édifice, se dit sceptique quant à sa réouverture totale en 2024, comme l'avait promis Emmanuel Macron.

Le "chantier du siècle" a repris lundi. Et pour les ouvriers, le premier objectif est de taille: débarrasser Notre-Dame de Paris de son échaudage tentaculaire, colosse de fer et d'acier, pour partie fondu durant l'incendie d'avril 2019. 

Le défi est d'une ampleur proportionnelle au rayonnement de la cathédrale. Il l'était dans les jours qui ont suivi la combustion du monument. Il l'est encore un peu plus aujourd'hui, tant les événements - intempéries, pollution au plomb, crise sanitaire - s'acharnent à repousser la date de livraison.

"Si on parle de l'ensemble de l'édifice, ce sera beaucoup plus long"

Le 16 avril 2024, c'est la date qu'avait promise Emmanuel Macron. Difficile à promettre, selon Christophe Rousselot, délégué général de la Fondation Notre-Dame et premier pourvoyeur de fonds pour la restructuration de l'édifice. Si pour lui, "ce délai semble tenable" pour proposer une ouverture partielle de la cathédrale, il sera difficile de garantir un accès complet aux lieux dans moins de quatre ans:

"Il n'est pas systématique que la cathédrale soit entièrement rouverte", a-t-il déclaré ce mardi sur BFM Paris, en prenant l'exemple de la cathédrale de Nantes, elle aussi touchée par un incendie. "Si on parle de l'ensemble de l'édifice, avec un ravalement extérieur par exemple, évidemment que ce sera beaucoup plus long."

Selon Christophe Rousselot, Notre-Dame pourra tout de même être partiellement rouverte "dans des conditions de sécurité satisfaisantes dans ce délai", des offices pourraient y être tenus et "quelques points de visites" pourraient être mis en place.

Le budget du chantier "pourrait doubler"

L'enveloppe destinée aux travaux de rénovation devrait elle aussi grossir. Sur BFM Paris, Christophe Rousselot a confirmé ce qu'il avait annoncé au Parisien lundi: une augmentation significative du budget de consolidation et de sécurisation de l'édifice. Actuellement estimé à 85 millions d'euros, dont 45% à la charge de la Fondation Notre-Dame, il "pourrait doubler" pour grimper à 160 millions d'euros.

"Dans un chantier comme ça, vous avez toujours un budget qui évolue", relativise Christophe Rousselot, qui explique que le doublement des coûts est notamment lié à la location de la grue utilisée pour le chantier, qui est restée inutilisée durant plus de deux mois, mais également à l'arrêt des travaux pendant le coronavirus.

Jean-Baptiste Graziani avec Florian Bouhot et Juliette Mitoyen