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Notre-Dame-des-Landes: quels enjeux entourent le référendum?

Les opposants à l'aéroport avaient déposé un référé devant le Conseil d'Etat, visant à suspendre la consultation

Les opposants à l'aéroport avaient déposé un référé devant le Conseil d'Etat, visant à suspendre la consultation - Damien Meyer - AFP

Près d'un million d'électeurs sont appelés à se prononcer, ce dimanche, sur le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Après plusieurs années de conflits, pro et anti s'opposent toujours sur le sujet.

"Êtes-vous favorable au projet de transfert de l'aéroport de Nantes-Atlantique sur la commune de Notre-Dame-des-Landes?". Ce dimanche, 967.500 électeurs de Loire-Atlantique sont invités à répondre par "oui" ou par "non" à cette question. Cette consultation locale, voulue par François Hollande, devrait permettre de sortir du blocage ce projet décidé dans les années 1960. Car deux camps s'opposent, sur les impacts sur l'emploi et l'environnement mais aussi sur son coût et sa nécessité.

> Un transfert "essentiel" ou d'un "autre temps"

Initié dans les 1960, le projet de transfert de l'aéroport de Nantes vers Notre-Dame-des-Landes est censé faire face au développement du trafic aérien. Pour les promoteurs, il est même "essentiel" pour pallier la saturation à venir de l'aéroport de Nantes-Atlantique. Au début des années 2000, le trafic était de quelque 2 millions de passagers. En 2015, ils étaient 4,4 millions et il devrait encore doubler d'ici 2050, avec 9 millions de voyageurs. 

Les pro-aéroport justifient le déménagement par l'exposition au bruit de "42.000 personnes" du fait du survol de la région nantaise, alors qu'à Notre-Dame-des-Landes, les nuisances ne toucheraient que 900 personnes. 

Mais les opposants réfutent cet argument, qui dénoncent un projet d'un "autre temps". Non seulement le nombre d'avions (49.250 en 2015) stagne, les aéronefs étant plus remplis qu'il y a quinze ans, mais ils sont aussi moins bruyants, et le nouvel aéroport n'accueillerait pas plus de lignes, arguent-ils. 

> Un coût qui fait débat

Cofinancé par le concessionnaire privé Vinci à hauteur de 56,1% et par l'Etat et six collectivités territoriales, le coût du projet a été évalué en 2010 à 561 millions d'euros pour 4 millions de passagers.

Avec un aéroport calibré pour 9 millions de passagers, la facture grimperait à 992 millions d'euros, un montant qui n'inclut pas les travaux connexes permettant l'accès au nouvel aéroport (tram-train, pont sur la Loire), à la charge des collectivités. 

Les opposants chiffrent eux ce projet à 1,5 milliard d'euros minimum, soit "huit à dix fois plus" que le réaménagement de l'aéroport existant, estimé à 175 millions. Selon eux, l'éventuelle indemnisation versée à Vinci en cas d'abandon du projet serait de 150 à 200 millions d'euros selon les opposants. 

> Positifs ou négatifs, quels impacts environnementaux?

Les 1.650 hectares du site de Notre-Dame-des-Landes sont composés à 98% de zones humides. Sa destruction causera des dommages "irréversibles" sur la biodiversité, affirment les opposants, qui jugent insuffisantes les mesures compensatoires prévues. 

Manuel Valls avait objecté en octobre que ce projet est "bon, contrairement à ce qu'on entend, pour l'environnement". La future plateforme aéroportuaire du Grand Ouest doit être la première en France certifiée HQE (Haute qualité environnementale), et consommerait trois fois moins d'énergie par passager que Nantes-Atlantique.

Le transfert permettra également de mettre fin au survol du lac de Grand-Lieu, une réserve naturelle attenante à Nantes-Atlantique. Les opposants craignent eux que l'urbanisation qui pourrait découler de la fermeture de l'ancien aéroport constitue une plus grande menace. 

> Les bénéfices sur l'emploi incertains

Pour les pro-aéroport, la réalisation du nouvel équipement générera 5,4 millions d'heures de travail et 3.000 emplois pendant le temps de la construction, en plus des 2.000 emplois transférés d'un aéroport à l'autre et de ceux, estimés à 6.000, engendrés par la libération des espaces à Nantes-Atlantique et l'accueil d'entreprises.

Là encore, ces données sont contestées par les opposants, pour lesquels le chantier ne représentera "que 700 emplois temporaires pendant quatre ans", parallèlement à la suppression de 200 emplois agricoles. 

Les électeurs pourront se prononcer dans 1.051 bureaux de vote ouverts de 8 heures à 18 heures, sauf à Rezé et Saint-Herblain où les bureaux sont ouverts jusqu'à 19 heures et à Nantes, où il sera possible de voter jusqu'à 20 heures. Le Premier ministre a prévenu les zadistes installés sur le site : "quel que soit le résultat" de la consultation, "les personnes qui occupent illégalement des propriétés devront partir". 

M.L. avec AFP