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NDDL: l'ancienne "route des chicanes" dégagée, la préfète salue "le retour à l'État de droit"

Une carcasse de voiture est déplacée sur la "route des chicanes" de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, le 22 janvier 2018.

Une carcasse de voiture est déplacée sur la "route des chicanes" de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, le 22 janvier 2018. - Loïc Venance - AFP

Nicole Klein, préfète de la région Pays de la Loire, s'est rendue ce vendredi à Notre-Dame-des-Landes pour constater le déblayage de la RD 281. Elle a salué "un signe de bonne volonté" de la part des zadistes.

"La route est dégagée, les fossés sont dégagés", a constaté ce vendredi la préfète des Pays-de-la-Loire, Nicole Klein, sur la voie qui traverse la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique).

La représentante de l'Etat est venue "rouler et marcher" sur l'ancienne "route des chicanes", la RD 281, et a salué "le retour à l'État de droit" et une "avancée considérable", préalable aux discussions sur l'avenir des terres. Elle a parcouru, en véhicule blindé et sous haute protection de la gendarmerie, l'essentiel de cet axe routier obstrué pendant plus de cinq ans par divers obstacles et barricades, et qui reste interdit à la circulation. 

"Ce dégagement est réalisé. Ça a demandé beaucoup d'efforts, de beaucoup de monde, mais c'est réalisé. C'est un signe de bonne volonté", a déclaré Nicole Klein, en faisant quelques pas sur la route, accompagnée du directeur général de la gendarmerie nationale Richard Lizurey. 

Après l'abandon du projet d'aéroport, l'exécutif avait exigé le nettoyage avant la fin de la semaine de la route départementale 281, et la préfète avait promis de venir constater elle-même le dégagement de la chaussée. 

Trois kilomètres parcourus

Empruntant l'accès sud de la route, sur la commune de Vigneux-de-Bretagne, le convoi, survolé par un hélicoptère de la gendarmerie, a parcouru les quelque trois kilomètres de la route sans encombre, sous l'oeil de plusieurs dizaines de militants anti-aéroport massés sur les côtés, dont beaucoup avaient le visage dissimulé. Certains ont baissé leur pantalon à son passage. 

Le convoi a marqué un arrêt au lieu-dit de Bel Air, où la préfète a échangé avec des représentants de l'association de riverains Acipa, du collectif d'organisations agricoles Copain, et de la ZAD. 

De nombreux messages avaient été inscrits à l'entrée et sur les bords de la route, comme "Passage de la préfète" ou "Barricades pré-faites" tagué sur une chicane. D'autres banderoles proclamaient "ZAD à vendre" ou "Yes Chicane". 

Le déblayage, par les associations, les riverains et les zadistes, amorcé lundi, s'est fait non sans tension au sein du mouvement très hétérogène des anti-aéroport, notamment au niveau du "Lama fâché", un "lieu de vie" installé sur la route, qu'une minorité refusait de démonter, selon plusieurs sources. Le dégagement s'est terminé jeudi en fin de journée, selon l'une de ces mêmes sources.

"Nous pourrions revenir sur cette décision"

"La route est actuellement circulante", ont assuré des représentants du mouvement anti-aéroport, lors d'un point-presse sur la ZAD, éludant les questions sur ces tensions.

"Collectivement, nous pourrions revenir sur cette décision si des menaces d'expulsion venaient à se concrétiser", ont-ils cependant rappelé. 

Pour la préfète, pouvoir "rouler et marcher sur ce petit trois kilomètres de route", c'est "un retour à l'Etat de droit, puisque la République, c'est aussi pouvoir circuler partout". Prenant la parole sur une place du bourg de Notre-Dame-des-Landes, devant la mairie, elle a salué "une avancée considérable sur cette zone qui était quand même à part".

Des travaux nécessaires

L'arrêté départemental interdisant la circulation sur la RD281 est maintenu, a-t-elle précisé, "un certain nombre de travaux" étant nécessaires. Les services du conseil départemental viendront "dès lundi" réaliser un diagnostic, avant de démarrer les travaux "le plus vite possible", a souligné Nicole Klein, qui estime leur durée à "peut-être un mois" et leur montant à "600.000 euros". 

Le dégagement de la route est "une excellente entrée en matière" avant les négociations sur le devenir des terres de la ZAD, a-t-elle considéré, affichant à plusieurs reprises son "optimisme" sur le bon déroulé des discussions. 

"L'État ne gardera pas les terres", et ne pourront rester "que les agriculteurs qui s'inscrivent dans l'État de droit", c'est-à-dire cotisant à la Sécurité sociale agricole, "payant un fermage, l'eau, l'électricité", a-t-elle réaffirmé. Elle a répété que les occupants qui ne seront pas "d'accord sur les règles à respecter" devront partir avant le 30 mars.

"Prêt à dialoguer", le mouvement anti-aéroport enverra une délégation pour négocier avec l'État. "On est en marche vers une relative légalité", a dit en souriant Julien Durand, porte-parole de l'Acipa. Nicole Klein rencontrera les associations anti-aéroport après le 1er février, après la rencontre interministérielle à Matignon sur le sujet du foncier. 

L.A., avec AFP