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Moody's abaisse la perspective de la note française à négative

Moody's a fait savoir lundi soir qu'elle risquait de réduire les notes Aaa de la France, de la Grande-Bretagne et de l'Autriche, en raison d'"un certain nombre de pressions particulières sur le crédit qui exacerberaient la sensibilité des bilans de ces so

Moody's a fait savoir lundi soir qu'elle risquait de réduire les notes Aaa de la France, de la Grande-Bretagne et de l'Autriche, en raison d'"un certain nombre de pressions particulières sur le crédit qui exacerberaient la sensibilité des bilans de ces so - -

NEW YORK (Reuters) - Moody's Investors Service a fait savoir lundi soir qu'elle risquait de réduire les notes Aaa de la France, de la...

NEW YORK (Reuters) - Moody's Investors Service a fait savoir lundi soir qu'elle risquait de réduire les notes Aaa de la France, de la Grande-Bretagne et de l'Autriche, tout en ayant effectivement déclassé dans le même temps l'Italie, le Portugal, l'Espagne, la Slovaquie, la Slovénie et Malte.

L'agence de notation a déclassé les perspectives de la France, de la Grande-Bretagne et de l'Autriche à négative en raison d'"un certain nombre de pressions particulières sur le crédit qui exacerberaient la sensibilité des bilans de ces souverains".

Moody's a également dit qu'elle avait effectué ces changements "pour refléter la sensibilité (des pays concernés) aux risques macroéconomiques et financiers croissants émanant de la crise de la zone euro".

Les perspectives des neuf pays en question sont toutes négatives "compte tenu de l'incertitude permanente concernant les conditions de financement dans les quelques trimestres à venir et son impact correspondant sur la qualité de la signature", ajoute Moody's.

Mais elle précise que l'amplitude des déclassements est limitée en raison "de l'engagement des autorités européennes à préserver l'union monétaire et à mettre en oeuvre toute réforme nécessaire au rétablissement de la confiance des marchés".

Le ministre français de l'Economie François Baroin a déclaré mardi "prendre acte" de la décision de l'agence Moody's d'abaisser la perspective de la note de crédit de la France de "stable" à "négative".

"C'est la preuve que, dans la situation mondiale actuelle, la Grande-Bretagne ne peut faire autrement que s'occuper de sa dette", a réagi de son côté le ministre des Finances britannique George Osborne.

"Moody's est très claire: c'est seulement la 'nécessaire consolidation budgétaire' du gouvernement qui empêche un déclassement immédiat", a-t-il ajouté.

Moody's a en revanche jugé "appropriées" les notes Aaa du Danemark, de l'Allemagne, de la Finlande, du Luxembourg, des Pays-Bas et de la Suède.

Elle a réduit d'un cran les notes de l'Italie, du Portugal, de la Slovaquie, de la Slovénie et de Malte et de deux crans celle de l'Espagne.

Les annonces de Moody's sont tombées au lendemain de l'approbation par le Parlement grec de nouvelles mesures d'austérité dans l'espoir de débloquer un deuxième programme d'aide et éviter un défaut en mars.

L'euro et le sterling ont baissé après les annonces de l'agence de notation, tandis que les futures sur les indices boursiers américains ne réagissaient pas dans l'immédiat. L'euro reculait de 0,2% à 1,3164 dollar.

Le mois dernier, Standard & Poor's avait déclassé la France ainsi que huit autres pays de la zone euro.

Moody's a par ailleurs confirmé lundi la note provisoire AAA du Fonds européen de stabilité financière (FESF).

Rodrigo Campos, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Matthias Blamont