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"Mon père s'est battu jusqu'au bout pour protéger sa commune", témoigne le fils du maire de Signes

L'émotion est grande à Signes, dans le Var, au lendemain du maire de la commune. L'homme, âgé de 76 ans, a été percuté par une camionnette lundi soir alors qu'il s'était opposé à une décharge de gravas. Ses collègues à la mairie, les habitants de la commune ainsi que son fils ont fait part de leur douleur sur notre antenne ce mardi.

La petite commune de Signes, dans le Var, est sous le choc depuis la mort du maire Jean-Mathieu Michel. Le septuagénaire a été renversé lundi soir par une camionnette qui venait déposer illégalement des gravats dans un bois de la ville, alors que celui-ci s'était opposé à cette décharge sur la place publique.

Le fils du maire défunt fait part de sa tristesse sur notre antenne ce mardi. Stéphane Michel décrit un homme qui "était non seulement maire, mais le père de tout le monde. Il était généreux, très gentil, le coeur sur la main. Il adorait sa commune, il se battait pour l'environnement de sa commune depuis des années".

"Mon père s'est battu jusqu'au bout pour protéger sa commune, c'était son fief, c'était son amour et il manquera à beaucoup de monde", a encore réagi le fils du maire divers droite. 

"La mairie, c'était sa vie"

Ce mardi, les enquêteurs s'orientaient plutôt vers la piste accidentelle, selon les premiers éléments de l'enquête. Lundi en fin de journée, le maire était accompagné d'au moins deux personnes, dans une tournée en voiture, quand il a aperçu deux hommes en train de déverser les gravats de leur camion dans une décharge sauvage.

Jean Mathieu Michel s'est arrêté et leur a demandé de reprendre les gravats. Les deux hommes ont obtempéré mais, après que le maire leur a enjoint d'attendre la police municipale pour une verbalisation, ils ont effectué une manoeuvre. Le maire qui se trouvait à l'arrière du véhicule a été mortellement blessé.

"Toute la commune est sous le choc"

"C'est un gros choc pour nous, les élus, ses amis et pour toute la commune", a aussi confié un habitant de Signes ce mardi. "On va avoir du mal à s'en remettre. C'est un moment très dur à gérer, toute la commune est sous le choc". "On ne fait pas sept mandats sans être une figure de la commune, sans être apprécié de tout le monde", assure cet homme. "Moi qui suis né au village, je le connaissait depuis ma naissance. C'est quelqu'un qui a toujours habité Signes, la mairie c'était son titre mais c'était avant tout sa vie. Il était engagé à 200%, en 30 ans il n'a pas pris un jour de congé. C'était un maire abordable, un maire de village quoi".

Alain Reichardt, premier adjoint au maire de la commune, raconte le moment où, lundi, son collègue s'est fait renverser, alors qu'il avait vu "une camionnette qui rentrait dans les bois". "Son expérience de 42 ans d'élu lui a fait dire que quelque chose n'était pas clair. Il s'est donc arrêté, est allé voir, et en effet il a constaté que des gens vidaient des gravas", retrace le premier adjoint. "Il leur a dit 'je suis le maire, je suis officier de police judiciaire, restez là, vous n'avez pas le droit de faire ça!'. Il a défendu sa commune. Et après, on ne sait pas ce qui s'est passé. Ils lui ont roulé dessus", déplore ce proche du maire.

Jeanne Bulant