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Moins 6 centimes par litre d'essence : pari tenu pour le gouvernement

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Il y a une semaine, le ministre de l’Economie Pierre Moscovici annonçait une baisse jusqu’à six centimes par litre. Sept jours plus tard, le ministère affirme que la promesse est tenue. Mais attention, mieux vaut scruter les panneaux d’affichage pour s’assurer que la station choisie a bien joué le jeu.

Sans attendre les relevés officiels, le site carbeo.com, un service de comparaison des prix dans les stations-service qui s'appuie en partie sur des relevés effectués par les automobilistes, avait rapporté lundi matin un repli de 5 à 6 centimes par litre des prix à la pompe.

Les grandes enseignes jouent le jeu

Ces données ont été confirmées par les relevés hebdomadaires officiels des prix à la pompe diffusés ce lundi soir par le ministère de l'Ecologie et de l'Energie. Ils ont confirmé que les prix aux pompes des stations-service avaient reculé globalement de 6 centimes la semaine dernière, tant pour le gazole que pour l'essence. Selon les moyennes nationales officielles, cela s'est bien vérifié aux pompes des stations-service hexagonales. Le prix moyen du gazole, qui avait atteint le 24 août un nouveau record, a baissé de 6,19 centimes la semaine dernière, à 1,3973 euro le litre. Concernant l'essence, le SP95 et le SP98, qui avaient frôlé en août leurs propres sommets, ont également perdu environ la même somme, revenant à 1,5861 euro et 1,6428 euro le litre.

La plupart des enseignes de grande distribution et les pétroliers comme Total s'étaient engagés la semaine dernière à rogner sur leurs marges pour accompagner la baisse de taxe décidée par le gouvernement. Certains détaillants (principalement les indépendants) avaient toutefois dit qu'ils ne pourraient pas se le permettre.

"Sans doute pas à la hauteur" concède Ayrault

L'annonce des mesures contre la cherté des carburants avait été accueillie de manière mitigée par les associations de consommateurs, qui la jugeaient insuffisante. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a lui-même reconnu jeudi qu'elle n'était "sans doute pas à la hauteur de tous ceux qui ont besoin de leur voiture".

Une baisse très fragile

Par-delà de sa mise en place effective, il faudra vérifier si la baisse tiendra dans la durée. Elle doit s'appliquer pendant trois mois, le temps pour le gouvernement de mettre en place un dispositif pérenne contre la cherté des carburants (sans doute sous la forme d'aides ciblées).

Mais le mode d'action retenu fait qu'en cas d'envolée des cours du brut, ou de forte dépréciation de la valeur de l'euro (qui renchérirait mécaniquement les importations de pétrole, payées en dollar), les prix à la pompe risquent de regrimper de plus belle.

Contrairement au blocage des prix prôné par François Hollande avant son élection et que le gouvernement a finalement écarté, les stations-service pourront en effet adapter leurs tarifs à leur guise au gré des variations des prix du brut.

Margaux de Frouville et Nicolas Chevet