BFMTV

Mineurs isolés étrangers: Arthuis reçu à la Chancellerie

Le président du Conseil général de Mayenne, Jean Arthuis, en décembre 2012.

Le président du Conseil général de Mayenne, Jean Arthuis, en décembre 2012. - -

Le président du Conseil général de Mayenne, Jean Arthuis, qui refuse d'accueillir des mineurs étrangers isolés depuis fin juillet dans son département, refuse de changer sa position.

Le président du Conseil général de Mayenne Jean Arthuis est allé jeudi au ministère de la Justice évoquer la situation des mineurs étrangers arrivés en France sans famille, maintenant son refus d'en accueillir de nouveaux dans son département.

Jean Arthuis, élu UDI, avait signé le 24 juillet dernier un arrêté mettant fin "à tout nouvel accueil de jeunes étrangers isolés par le service de l'aide sociale à l'enfance" de Mayenne, une mesure que les ministres de la Justice Christiane Taubira et de l'Intérieur Manuel Valls avaient qualifiée d'"illégale". Le sénateur avait assuré qu'il retirerait son arrêté après avoir été reçu à la chancellerie, qualifiant sa décision de "signal d'alarme".

Toutefois, le préfet de la Mayenne ayant depuis attaqué cet arrêté devant le tribunal administratif, Jean Arthuis a précisé qu'il entendait désormais le maintenir. Le tribunal administratif a rejeté la demande du préfet, qui a fait appel devant le Conseil d'Etat, où l'affaire a été examinée jeudi en référé.

Pas assez de places d'accueil?

Fin mai, un nouveau protocole d'accueil de ces mineurs, devant permettre une meilleure répartition de la charge financière entre départements et prévoyant une participation de l'État, a été instauré. L'objectif était d'alléger la charge pesant jusque-là sur quelques départements, principalement la région parisienne, qui accueillaient davantage de mineurs isolés étrangers que la moyenne.

Jean Arthuis a souligné qu'alors que son département aurait dû, selon une clé de répartition nationale, accueillir 4 mineurs isolés étrangers depuis début juin, "nous en sommes déjà à 16 placements", dont les derniers en début de semaine. Or, il ne "dispose que de deux maisons d'accueil d'une capacité de neuf places pour l'une et de dix places pour l'autre".

L'ancien ministre a souhaité la mise en oeuvre de "juridictions dédiées" pour les vérifications d'âge, d'identité et de situation d'isolement des mineurs. "On se sert de l'Aide sociale à l'enfance pour organiser l'immigration clandestine," a-t-il estimé, et "cela permettrait de démanteler les filières en cours de constitution".

A. G. avec AFP