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Minc : « 80% des Français sont en dehors de la crise »

Il publie "Dix jours qui ébranleront le monde" (Ed. Grasset)

Il publie "Dix jours qui ébranleront le monde" (Ed. Grasset) - -

Déficit record, recul du PIB, récession... en 2009, la France va trinquer. Mais pas tous les Français, souligne Alain Minc. Explications.

Alors que certains crient à la catastrophe, Alain Minc, conseiller de nombreux dirigeants politiques et chefs d'entreprises, et proche de Nicolas Sarkozy, se veut mesuré sur la crise actuelle : « En 2009, la France va faire entre -1 et -1,5%. C'est-à-dire qu'elle va revenir en terme de production, à son niveau du printemps 2007. Donc, c'est pas le retour aux années 30 ! Il n'y a qu'un seul problème : il y a une crise pour les intérimaires qui sont virés, pour les chômeurs à temps partiel et pour les gens qui ont des CDD en fin de période. Aujourd'hui, la crise c'est ça : 200 000 à 300 000 personnes dramatiquement mal protégées ; donc avec leur famille, 1 million à 1 million et demi de personnes. Pour le reste, pour la France qui est sous statuts, il n'y a pas et il n'y aura pas de crise. Vous pensez que la crise va arriver à un point où on va supprimer le statut de la fonction publique ? Aujourd'hui, les gens qui sont en CDI ne sont pas encore touchés. »

« Pensons au million de gens dans une dèche absolue »

Et Alain Minc de poursuivre : « Au lieu de dire "la crise c'est pour tout le monde", il faudrait penser au million de gens qui sont dans une dèche absolue. Aux fonctionnaires qui défilent aujourd'hui dans les rues, je dis "s'il vous plaît, pensez un peu aux autres". D'autant que pour eux, le pouvoir d'achat va augmenter, parce que les prix baissent. Il y a deux France : celle qui représente 80% de la population et qui est en réalité en dehors de la crise, et celle à laquelle on ne pense pas parce qu'elle est moins institutionnelle, et qui paye la crise. Regardez les stations de sports d'hiver, elles étaient pleines ; la consommation en janvier, elle a tenu... Alors je dis : face à la crise, occupons-nous de ceux qui la portent - et ce n'est ni vous, ni moi. »

La rédaction-Les Grandes Gueules