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Millau : 3 000 personnes rendent hommage à l'adolescente poignardée

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Plusieurs milliers d'habitants de la ville de Millau, dans l'Aveyron, ont défilé en hommage à Aude, une collégienne de 14 ans tuée de plusieurs coups de couteau par un voisin, manifestement déséquilibré, vendredi soir.

Quelque 3 000 habitants, dont de nombreux jeunes gens, ont défilé dans la tristesse dimanche à Millau à l'occasion d'une marche blanche en hommage à Aude, collégienne de 14 ans tuée à coups de couteau par un jeune homme manifestement déséquilibré.

Le meurtrier présumé, âgé de 28 ans, a été hospitalisé d'office dans un service psychiatrique à l'issue de son examen par un expert pendant sa garde à vue samedi au commissariat de Millau, a expliqué dimanche le procureur de la République de Montpellier Christophe Barret. L'hospitalisation d'office a été décidée en raison de l'état mental "complètement délirant" et de la "dangerosité" de ce jeune homme sans emploi, qui a déjà séjourné plusieurs fois en hôpital psychiatrique.

Marche blanche

Environ 3 000 personnes, selon la police, ont participé à la marche silencieuse, emprunte de douleur et de tristesse, organisée à la mémoire de la jeune fille. Les participants, dont de nombreux jeunes, se sont rassemblés devant le collège Marcel Aymard, où la victime était scolarisée en 3ème, avant de se rendre dans un jardin public jouxtant la mairie de cette cité aveyronnaise de 23.000 habitants.

Là, des bougies ont été déposées ainsi que de grandes photographies de la victime, en présence de sa mère silencieuse. Un grand drap avait été déposé à l'entrée du collège où des messages ont été inscrits: "Repose en paix, on t'aime petit ange", "Tu es partie trop vite, trop tôt".

"Cest toute une ville qui est en deuil, en état de choc", a dit le maire PS Guy Durand, qui connaît les parents de Aude ainsi que la victime elle-même. "Il y a beaucoup de douleur et une grosse envie de justice". Tous les jeunes interrogés ont décrit une adolescente "toujours souriante", une enfant "sans problèmes". Aude "ne provoquait jamais la colère", a dit le maire.

Information judiciaire pour homicide volontaire

Le drame est survenu vendredi vers 23h30 dans une rue tranquille non loin du centre-ville. Le jeune homme, connu pour toxicomanie et qui souffrait de problèmes psychologiques depuis de longues années, vivait seul à l'étage d'une grande maison qui compte plusieurs logements. Il a sonné à la porte de l'un de ceux-ci. Aude passait la soirée chez Camille, une copine de son âge dont les parents étaient absents.

Après s'être fait ouvrir la porte, le meurtrier présumé a tenu aux deux adolescentes des "propos totalement incohérents", a dit Christophe Barret. Il les a agressées à l'aide d'un couteau trouvé sur place, et a tué Aude en lui portant une quinzaine de coups.

Pendant l'agression, les deux jeunes filles ont réussi à donner l'alerte. "La police a fait aussi vite qu'elle a pu" mais à son arrivée "malheureusement, les coups avaient été portés. Aude est morte dans les minutes qui ont suivi" en dépit des gestes de réanimation tentés par les policiers, vite rejoints par les pompiers et le SAMU, a ajouté le magistrat.

Le dossier, traité dans un premier temps par le parquet de Rodez, a été confié au parquet de Montpellier, où se trouve le pôle de l'instruction. Une information judiciaire pour homicide volontaire devrait être ouverte lundi.

Aucun lien entre le meurtrier présumé et la victime

Une autopsie du corps de la jeune fille sera également réalisée lundi tandis que l'enquête devra s'attacher à éclaircir les circonstances exactes du drame, la personnalité de l'auteur présumé et les raisons de cette attaque contre une adolescente avec laquelle il n'avait aucune relation particulière.

Le jeune homme, condamné en 2006 à une peine de sursis pour des faits de violence mais d'une gravité sans comparaison avec le drame de Millau, a déjà séjourné plusieurs fois en psychiatrie, qu'il s'agisse d'hospitalisations consenties ou contraintes. Son dernier séjour remonte au début de l'automne. Sa famille avait le plus grand mal à maintenir des liens avec lui, dit le parquet.

Son placement d'office en psychiatrie ne préjuge pas des suites judiciaires du dossier, souligne le procureur de Montpellier. Il appartiendra au juge d'instruction d'ordonner des expertises psychiatriques pour déterminer son niveau de responsabilité pénale au moment des faits.

La rédaction