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Militaire agressé à La Défense : le suspect avait été signalé à la DCRI

Entre 2011 et 2013, Alexandre D. s'est enfoncé dans l'islamisme radical.

Entre 2011 et 2013, Alexandre D. s'est enfoncé dans l'islamisme radical. - -

D’après une information publiée par Le Monde, le jeune homme arrêté mercredi dans les Yvelines et qui a reconnu avoir agressé un militaire à La Défense samedi dernier, était connu des services de renseignement depuis février.

Contrairement à ce qui avait été affirmé un peu plus tôt par le ministère de l’Intérieur et le parquet de Paris, Alexandre D., arrêté ce mercredi matin après l’agression d’un militaire à l’arme blanche samedi dans le quartier de La Défense, près de Paris, n’était pas inconnu des services de renseignement.
Le site du quotidien Le Monde s’est procuré une note du 20 février dans laquelle on apprend que la DCRI aurait été alertée de son « processus de radicalisation islamiste ». Selon le journal, le suspect était connu de la SDIG des Yvelines (sous-direction de l'information générale, notamment chargée du suivi de l’islam). Dans cette note, l’organisme a détaillé à ses destinataires, dont le bureau de liaison avec la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI, chargée des radicaux), le parcours du jeune homme, listant notamment des voyages à l’étranger. Mais aucune suite n’a été donnée.

Les informations n'ont pas circulé

Comme l’a indiqué le procureur de Paris François Molins, le suspect avait été contrôlé en 2009 à l’occasion d’une prière de rue à Maurepas, dans les Yvelines, avec deux hommes plus âgés, et comme lui originaires de Trappes : selon la note de la SDIG citée par Le Monde, l’un d'eux fait l'objet d'une fiche de suivi « sûreté de l'Etat » en tant que « membre de la mouvance islamiste fondamentaliste ».
Après 2009, les services auraient perdu sa trace. La note révèle que les informations n’ont en fait pas circulé. Alexandre D. a par exemple « exigé de ne pas travailler avec des femmes » à la mission locale de Rambouillet, et a déclaré « vouloir partir suivre une formation religieuse à l’étranger ». Sa tenue traditionnelle a également alerté les policiers de Guyancourt, dans les Yvelines, en 2012. Ces faits mis bout à bout apportent les preuves d’un radicalisme qui s’est accentué entre 2011 et 2013, chez un jeune homme identifié comme étant « en rupture familiale ». De quoi alerter le SDIG 78, qui n’a pas les moyens, ni le rôle de la DCRI. D’où l’envoi de cette note, le 20 février, qui a été reçue par différentes autorités, dont le nouveau bureau de liaison avec la DCRI, justement censé faire circuler les informations entre les deux services. Selon Le Monde, la note n’a pas été traitée.

La Rédaction