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Mickaël, victime de violences policières: "C'est un miracle que je sois vivant"

Des policiers rassemblés en 2012 (illustration)

Des policiers rassemblés en 2012 (illustration) - Valéry Hache - AFP

Le policier de la BAC a été jugé responsable des blessures de Mickaël, et condamné vendredi à trois ans de prison ferme. La victime, aujourd'hui âgée de 34 ans et handicapée à vie du fait de la violence des coups reçus, raconte le pénible scénario de son quotidien.

A 34 ans, Mickaël Verrelle est handicapé à vie. En 2010, il a été frappé par un policier de la BAC de Chambéry de 44 ans qui a été condamné ce vendredi à cinq ans de prison dont trois ans ferme. Le fonctionnaire, qui fait aussi l'objet d'une interdiction définitive d'exercer le métier de policier, a fait appel de la décision.

Le jeune homme, lui, témoigne dans Le Parisien. La liste de ses maux est longue:

"Je suis handicapé à vie, hémiplégique du côté droit. Je ne peux plus bouger mon bras, je marche difficilement avec une béquille. J'ai une plaque dans le crâne car j'ai eu un trou dans la tête lors de l'agression. Et maintenant, j'ai du mal à parler".

"Ma vie est fichue"

Père de deux enfants de 8 et 9 ans et demi, Mickaël est resté trois semaines dans le coma et a vu sa compagne partir. "C'est un miracle que je sois vivant", explique-t-il cinq ans après les faits. Mais, incapable de travailler après trois ans de rééducation, il ajoute: "Ma vie est fichue. Je ne peux plus rien faire". Mickaël Verrelle a besoin de sa mère et de plusieurs auxiliaires de vie pour manger et "couper [sa] viande".

Dans la nuit du 23 au 24 avril 2010, le jeune homme avait été matraqué par un policier de la BAC qui intervenait, avec trois autres collègues, dans le cadre d'une rixe entre jeunes en état d'ébriété à laquelle était mêlé Mickaël Verrelle. D'après des témoins, la vidéosurveillance d'un parking voisin, et les images capturées par un riverain, le scénario est terrible. "Les policiers disent avoir été insultés. Mickaël tente de fuir. Un policier de la BAC le rattrape sur un parking, le fait tomber, et lui porte des coups de pieds et des coups de tonfa (une matraque)", restitue Le Parisien. Le journal ajoute que le policier affirmera plus tard que Mickaël s'est blessé tout seul en tombant. Une version irréaliste selon les experts, compte tenu de la gravité des blessures constatées.

"Le tribunal a indiqué que mon client était clairement une victime. Or cela était loin d'être évident. Cela faisait cinq ans que l'on se bagarrait pour le faire reconnaître", s'est réjoui ce vendredi Me Olivier Connille, l'avocat de Mickaël. 

A. D.