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Meurtre de Marie-Jeanne Meyer: un marginal devant la justice

Le meurtre de la jeune joggeuse Marie-Jeanne Meyer, en juin 2011, avait suscité une très vive émotion. Ici un de ses portraits, le jour de ses obsèques.

Le meurtre de la jeune joggeuse Marie-Jeanne Meyer, en juin 2011, avait suscité une très vive émotion. Ici un de ses portraits, le jour de ses obsèques. - Jean-Pierre Clatot - AFP

Anthony Draoui, jeune SDF violent et alcoolique, comparaît  ce mardi pour quatre jours devant les assises de l'Ardèche, pour le meurtre particulièrement violent d'une joggeuse, Marie-Jeanne Meyer, en juin 2011.

Quatre jours de procès, pour tenter de comprendre un acte d'une cruauté inouïe. Un marginal de 22 ans, Anthony Draoui, comparaît ce mardi, et jusqu'à vendredi, devant les assises de l'Ardèche pour le meurtre en juin 2011 de Marie-Jeanne Meyer. Une joggeuse de 17 ans, dont le corps carbonisé et mutilé avait été retrouvé dans une fosse sur les hauteurs de Tournon.

Un jeune SDF, alcoolique et violent

Confondu par son ADN, Anthony Draoui, jeune SDF porté sur l'alcool et connu de la justice pour sa violence, avait été interpellé fortuitement en Espagne, près d'un an après les faits, en tentant de se faire passer pour un Russe, sans parler la langue.

Au grand dam de la famille Meyer, le jeune homme, qui reconnaît le meurtre, est seulement poursuivi pour homicide volontaire, passible de trente ans de réclusion, la justice ayant refusé de requalifier les faits en assassinat.

Le 18 juin 2011, vers 18h00, la brillante lycéenne, décrite comme une jeune fille réservée et discrète, part faire son jogging habituel sur une colline escarpée de Tournon, non loin du domicile familial. Sans nouvelle d'elle dans la soirée, son ami donne l'alerte et un très important dispositif de recherches est aussitôt mis en place, mobilisant aussi la population.

Un corps très abîmé

Trois jours plus tard, le corps dénudé, en partie calciné et démembré de Marie-Jeanne était découvert dans une large fosse remplie de pierres et recouverte de branchages sur une plateforme de terre. L'autopsie révélera notamment de très nombreuses fractures à la tête, provoquées soit par un objet contondant soit par les pierres sous lesquelles elle avait été ensevelie. Mais aussi plusieurs coups de couteau au ventre.

Sur la scène de crime, les enquêteurs retrouvaient le profil ADN d'Anthony Draoui, ainsi que celui de la victime sur une tête de hache. Un mandat de recherches était lancé contre ce marginal le 5 juillet 2011, transformé en mandat d'arrêt le 7 octobre.

Arrêté, puis relâché

Terrible coïncidence: le jour même de la découverte du corps de Marie-Jeanne, à 30 kilomètres de là, Anthony Draoui était interpellé pour avoir tenté de braquer avec un couteau une coiffeuse à Saint-Rambert-d'Albon (Drôme). Mais rien ne permet alors de faire le lien avec le meurtre. Et dès le lendemain, il est remis en liberté avec une convocation devant le tribunal correctionnel de Valence pour le 18 octobre, à laquelle il ne se présentera pas.

Il passera maintes fois entre les mailles du filet, vivant pendant près d'un an dans des squats à Barcelone, sous une fausse identité. Jusqu'au 7 juin 2012, où il sera interpellé, sans billet, dans un train en voulant regagner l'Espagne après avoir tenté de revoir sa mère en Ardèche.

Sa version des faits

Devant le juge d'instruction à Avignon, il explique avoir rencontré par hasard la jeune joggeuse et s'être promené avec elle pendant plus d'une heure. Il dit lui avoir fait visiter le campement où il vivait depuis près d'un mois et où il voulait construire une maison. Sous sa tente, il avait tenté de l'embrasser à deux reprises. Mais elle l'avait repoussé. Il l'avait alors frappée au visage, avant de lui asséner trois coups de couteau dans le ventre.

Il avait ensuite traîné son corps dans une fosse et mis le feu à ses vêtements, alimentant les flammes plusieurs heures durant avec du désherbant. Puis il avait jeté des pierres sur le cadavre et dissimulé la tombe avec des branchages.

Verdict attendu vendredi

Draoui affirme aussi ne pas l'avoir violée, ce que semble confirmer l'autopsie. Mais il nie avoir utilisé la hache et entrepris de démembrer sa victime, contrairement aux constatations des légistes. Verdict le 3 octobre.

Jé. M., avec AFP