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Martinique : une statue de Joséphine de Beauharnais déboulonnée par des activistes anticolonialistes

La statue de Joséphine de Beauharnais à Fort-de-France

La statue de Joséphine de Beauharnais à Fort-de-France - Wikimedia

Les statues de Joséphine de Beauharnais et Pierre Belain d'Esnambuc ont été déboulonnées ce dimanche en Martinique par des activistes. Ils avaient déjà mis à terre deux autres statues au mois de mai.

Deux nouvelles statues ont été déboulonnées dimanche à Fort-de-France, en Martinique par une poignée d'activistes anticolonialistes, rapporte l'AFP. Les sculptures représentaient Pierre Belain d'Esnambuc, l'un des principaux acteurs de l'installation de la colonie française en Martinique en 1635, et Joséphine de Beauharnais, première épouse de Napoléon 1er et native de l'île où sa famille possédait une exploitation agricole.

La statue de cette dernière avait déjà été décapitée, il y a près de 30 ans, et laissée ainsi sur la place de la Savane, à Fort-de-France. Elle a été mise à bas hier à coups de massue et au moyen de cordes avant d'être placée sur un bûcher par les manifestants, selon une source policière.

Celle de Pierre Belain d'Esnambuc, qui se tenait à quelques mètre de là, a également été déboulonnée. Elle avait été érigée en 1935, à l'occasion du tricentenaire du début de la colonisation en Martinique.

Deux statues déjà déboulonnées en mai

Ces déboulonnages interviennent près de deux mois après celui de deux statues de Victor Schoelcher en Martinique (le 22 mai 2020, jour de l'abolition de l'esclavage sur l'île) par les mêmes activistes.

Les militants avaient déjà prévenu, dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux en milieu de semaine dernière, de leur intention d'abattre la statue de Joséphine de Beauharnais si cela n'était pas fait par la municipalité avant dimanche. Celle d'Esnambuc figurait quant à elle au programme du conseil municipal de mardi qui devait entériner son déplacement en août, mais les activistes n'ont pas voulu attendre.

Des actions condamnées par le préfet

Le préfet de Martinique, qui selon une source policière avait donné ordre de ne pas intervenir, a condamné dans un communiqué "ces destructions qui sont l'action inadmissible d'une minorité violente".

Dans un tweet la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen a quant à elle rappelé qu'Emmanuel Macron avait promis le 14 juin dernier qu'"aucune statue ne sera déboulonnée".

"La République n'effacera aucune trace ni aucun nom de son histoire", avait aussi déclaré le chef de l'Etat.
Maëllyss Hedin avec AFP Journaliste BFMTV