BFMTV

Manifs pour les retraites : «Ce n'est pas une déferlante», reconnaît Mailly

Entre 15 000 et 50 000 personnes ont défilé mardi à Paris entre République et Nation, pour la défense des retraites et les salaires.

Entre 15 000 et 50 000 personnes ont défilé mardi à Paris entre République et Nation, pour la défense des retraites et les salaires. - -

150 000 personnes ont défilé mardi à dans toute la France, pour la défense des retraites et les salaires. La CGT espérait au moins le triple.

Plusieurs milliers de personnes ont défilé mardi à Paris entre République et Nation, pour la défense des retraites et les salaires, avec en tête de cortège Thierry Lepaon (CGT) et Jean-Claude Mailly (FO). La préfecture de police a estimé à 15 000 le nombre de manifestants dans les rues de Paris, la CGT citant elle le chiffre de 50 000. Peu avant le départ du cortège, parti à 14h30 de la place de la République, le numéro un de la CGT, Thierry Lepaon, avait prédit que le nombre de manifestants se situerait entre « 300 000 et presque 500 000 » dans « toute la France ». Environ 180 manifestations au total étaient organisées dans tout le pays. Le ministère de l'Intérieur a évalué lui à 155 000 le nombre de manifestants à l'échelle nationale.

« Ce n'est pas une déferlante »

La mobilisation pour contester la réforme des retraites du gouvernement « dépasse le cercle militant », s'est félicité Jean-Claude Mailly. « Ce n'est pas une déferlante certes, mais c'est une bonne mobilisation, plus forte que lors de la première manifestation contre l'accord sur la sécurisation de l'emploi » en mars, a-t-il ajouté. Selon lui, « le gouvernement a encore des efforts à faire, il y a un verrou à faire sauter, celui de l'allongement de la durée » de cotisation. Il a indiqué que les syndicats organisateurs de la journée de mobilisation (CGT, FO, FSU, Solidaires) discuteraient la semaine prochaine de la suite à donner à cette journée.

« On vit plus longtemps mais aussi plus mal »

En tête de cortège, une pancarte proclamait « aux profits du CAC 40 de financer les retraites », tandis qu'on pouvait entendre scander « retraite, retraite, retraite à 60 ans ». Le secrétaire national de Solidaires Denis Turbet-Delof a exprimé le risque d'un changement de système. « On ne voudrait surtout pas qu'il y ait une volonté de pousser tout doucement les gens à se tourner vers le principe de capitalisation ». « Les retraites, c'est une question de société, basée sur la solidarité intergénérationnelle. Si vous remettez cela en cause, on ne vivra plus dans la même société », a-t-il observé.
Le président de l'organisation étudiante Unef, Emmanuel Zemmour, a réclamé « la prise en compte des années d'étude et de l'insertion professionnelle » dans le calcul des cotisations. « Chômeurs à 25 ans, précaires à 67, non, non, non à cette réforme », scandaient les jeunes étudiants et lycéens de l'Unef et l'UNL. « On vit plus longtemps mais aussi plus mal », faisait valoir dans le cortège Corentin Mouchel, étudiant de 22 ans.

Philippe Gril avec AFP