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Nantes: qui sont les Black Blocs que Valls accuse?

Des manifestants à Nantes, samedi 22 février 2014.

Des manifestants à Nantes, samedi 22 février 2014. - -

Le ministre de l'Intérieur soupçonne les membres de cette organisation anarchiste d'être à l'origine des violences qui ont émaillé la manifestation samedi à Nantes.

Sont-ils les "casseurs" de la manifestation de samedi à Nantes, contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes? Masqués et vêtus de noir, les Black Blocs, ces jeunes hostiles aux institutions, ont pour coutume de mener des actions spontanées et parfois violentes, organisées via Internet, lors des manifestations altermondialistes en Europe.

Pour le ministre de l'Intérieur, leur implication dans une "guérilla urbaine" ne fait pas de doute. "Cette violence venant de cette ultra-gauche, de ces 'Black Blocs', qui sont originaires de notre pays mais aussi de pays étrangers, est inadmissible et elle continuera à trouver une réponse particulièrement déterminée de la part de l'Etat", avait affirmé samedi soir Manuel Valls.

"Il n'est pas rare que des Black Blocs répondent à l'appel de leurs camarades et viennent s'agréger aux manifestants 'locaux'", décrypte Christophe Bourseiller, spécialiste de l'extrême gauche. "Il y a un petit village anarchiste dans Notre-Dame-des-Landes, qui s'appelle la Zad [Zone d'activité différée, devenue Zone à défendre, NDLR]. Il est possible que certains viennent séjourner là et en profitent pour passer à l'action".

"S'ils veulent lutter, on est là"

Dans cette zone où doit être construit l'aéroport s'est établie une petite communauté qui vit en auto-suffisance derrière des barricades. Leurs membres se disent prêts à poursuivre le combat. "Les situations d'agression exigent de riposter pour défendre un territoire", confie une habitante des lieux à BFMTV. "S'ils veulent continuer à lutter, on est toujours là", confirme un autre.

Selon le préfet de Loire-Atlantique, une dizaine de policiers et de gendarmes ont été blessés et hospitalisés au cours de la manifestation, qui a dégénéré dans les rues de Nantes, et près de 120 souffrent de contusions. Le maire a d'ailleurs décidé de porter plainte. La police examine actuellement les bandes de vidéosurveillance pour identifier les casseurs.

Les "Black Blocs" avaient notamment causé des incendies et des dégradations en marge du sommet de l'Organisation mondiale du commerce à Seattle en 1999 et de celui de l'Otan dix ans plus tard à Strasbourg et à Kehl, en Allemagne.

A. G. I vidéo: N. Resman et P. Millet