BFMTV

Notre-Dame-des-Landes: la manifestation à Nantes dégénère

Des manifestants contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes à Nantes ce samedi 22 février.

Des manifestants contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes à Nantes ce samedi 22 février. - -

Les opposants au projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes ont envahi les rues de Nantes samedi en début d'après-midi. La manifestation a fait six blessés parmi les forces de l'ordre qui ont interpellé une personne.

La manifestation contre l'aéroport à Notre-Dame-des-Landes a réuni à Nantes selon la préfecture de Loire-Atlantique "autour de 20.000 manifestants avec près de 1.000 manifestants radicaux prêts pour le combat qui n'ont pu être contrôlés par les organisateurs".

Plus tôt dans l'après-midi, Julien Durand, porte-parole de l'Acipa, principale organisation d'opposants au projet d'aéroport s'est refusé à donner un chiffre précis de manifestants, évoquant "plusieurs dizaines de milliers". Selon lui, la participation est équivalente aux précédents grands rassemblements, comme celui de novembre 2012 qui avait compté selon les organisateurs 40.000 personnes (13.000 selon la police).

"Ayraultport non merci", "Non à l'Ayrault porc", "Vinci dégage Ayrault aussi", "Ni aéroport ni métropole, la ville est à nous", pouvait-on lire sur des banderoles, slogans scandés aussi par des manifestants qui visaient le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, ancien député-maire de Nantes et fervent défenseur du projet aéroportuaire.

"Des individus qui voulaient 'casser' du policier"

Les incidents ont fait six blessés parmi les forces de l'ordre qui ont interpellé une personne, selon le dernier bilan de la préfecture de Loire-Atlantique.

"La fête est gâchée, les organisateurs sont débordés par la frange radicale sur laquelle ils s'appuient depuis le début de ce mouvement", a indiqué la préfecture, qui n'a pas donné d'évaluation du nombre de manifestants.

Il y avait des individus très violents qui voulaient manifestement 'casser' du policier ou du gendarme," a déclaré Manuel Valls samedi soir mettant ne cause l'ultra-gauche et des autonomes. "Ces violences doivent être contaminées fermement par tous. La justice, je ne doute pas un instant, trouvera tous ceux qui ont voulu saccager la ville, s'en prendre au policiers, aux commerces."

Des scènes de dévastation

En différents endroits du parcours de la manifestation, des participants ont tiré des projectiles --bouteilles, canettes, billes d'acier, fusées de détresse -- en direction des forces de l'ordre qui ont chargé à plusieurs reprises.

En fin d'après-midi, le centre-ville de Nantes affichait des scènes de dévastation. Les casseurs ont saccagé un poste de police, une agence du groupe Vinci (concessionnaire du projet d'aéroport), mais ont aussi brisé plusieurs vitrines de magasins, celles d'une agence des transports nantais ou encore d'une agence Nouvelles Frontières.

Au moins deux engins de chantier mais aussi une barricade ont aussi été incendiés. Des objets ont été lancés sur les caténaires SNCF afin de bloquer la circulation des trains, a-t-on indiqué de sources policières.

"Peu importe ce que dira la préfecture, pour vous tous et toutes c'est un grand succès"

Quant aux forces de l'ordre, elles ont fait usage d'une grande quantité de grenades lacrymogènes, de grenades assourdissantes et de canons à eau. Des manifestants s'éloignaient aveuglés par les gaz lacrymogènes tandis que plusieurs centaines d'autres continuaient à faire face aux forces de l'ordre, renvoyant de nouveaux projectiles: bouteilles, ou même les propres grenades des forces de l'ordre.

"Peu importe ce que dira la préfecture, pour vous tous et toutes c'est un grand succès", a assuré à l'issue de la manifestation Julien Durand.

A. G. et M.P avec AFP