BFMTV

"Marches des salopes" contre les agressions sexuelles et le sexisme

La "marche des salopes", "slut walk" à Strasbourg, samedi 28 septembre.

La "marche des salopes", "slut walk" à Strasbourg, samedi 28 septembre. - -

Plusieurs centaines de manifestants, essentiellement des jeunes femmes, ont participé dans plusieurs villes de France à la "Marche des salopes" ("SlutWalk") pour protester contre "la culpabilisation des victimes d'agressions sexuelles" et "le sexisme".

A Paris, vêtues notamment de shorts et arborant pour certaines un soutien-gorge apparent, une centaine de personnes ont défilé jusqu'au Panthéon derrière une banderole qui portait l'inscription "Non, c'est non. Un viol n'est jamais ni consenti, ni provoqué, ni de la faute de la victime!".

Dans plusieurs villes de France, elles étaient des centaines à participer à la "marche des salopes" pour protester contre "la culpabilisation des victimes d'agressions sexuelles" et "le sexisme".

"Ceci est une jupe, pas une invitation"

Sur les pancartes, on pouvait lire "Ceci est une jupe, pas une invitation" ou encore "La honte doit changer de camp". Certaines manifestantes avaient le torse frappé d'un "Non" ou "Pas touche!".

"Le but est à la fois de dénoncer le viol, mais aussi le traitement que subissent les victimes de la part de la police et de leur famille, le fait de faire reposer la responsabilité sur elles en disant "tu n'aurais pas dû t'habiller comme ça" ou "tu n'aurais pas dû boire", a expliqué Claire Ménard, 21 ans, étudiante.

Des défilés étaient organisés samedi dans plusieurs villes de France (Bordeaux, Clermont-Ferrand, Lille, Lyon, Rouen, Toulouse, Strasbourg), mais aussi dans trois villes sud-africaines et à Philadephie, aux Etats-Unis, a précisé Gaëlle Hym, l'organisatrice de la 3e édition de la "SlutWalk" en France.

Le phénomène des "Slutwalks" est né à Toronto

Parmi la quarantaine de manifestants à Lille, une étudiante de 23 ans, qui dit avoir été violée, a raconté la réaction de certains de ses amis: "A l'époque, on m'a demandé comment j'étais habillée. J'ai expliqué que je portais un jean et un T-shirt. On m'a répondu: "ah, dans ce cas, ce n'est pas normal"".

Le phénomène des "Slutwalks" est né à Toronto, au Canada, en avril 2011, sous la forme d'une manifestation dénonçant les propos d'un policier qui avait dit que "les femmes devraient arrêter de s'habiller comme des salopes si elles ne veulent pas être victimes". Plus de 250 villes dans le monde ont, depuis, organisé des marches similaires.

M.R. avec AFP