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Manifestations lycéennes : « Un déferlement de violences »

Le journal Le Parisien publie ce vendredi matin la photo du jeune homme blessé à l'oeil par une balle de flashball tirée par un policier.

Le journal Le Parisien publie ce vendredi matin la photo du jeune homme blessé à l'oeil par une balle de flashball tirée par un policier. - -

Des affrontements entre jeunes et policiers se sont produits jeudi, en Ile-de-France comme en province, lors des manifestations lycéennes contre la réforme des retraites. Le syndicat de police Alliance dénonce « un déferlement de violences ».

Des affrontements entre jeunes et policiers se sont produits jeudi dans le pays, en particulier en Ile-de-France, tandis que des milliers de lycéens manifestaient contre la réforme des retraites.
A Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), des vitrines ont été brisées et des policiers ont été la cible de projectiles. A Argenteuil (Val d'Oise), plusieurs manifestations ont été dispersées. Aux Mureaux (Yvelines), quatre lycéennes ont été commotionnées, et des incidents ont eu lieu. Dans le Val d'Oise, 45 jeunes ont été interpellés. Ils étaient une quinzaine dans le Val-de-Marne.

En province, des incidents ont également eu lieu à Nîmes, Lyon, Lens ou encore Bordeaux, où une jeune fille a été blessée à la tête par un pétard.

« Il risque de perdre un œil »

L’affrontement le plus violent s’est produit à Montreuil, en région parisienne. Un lycéen âgé de 16 ans a été blessé à l'œil par un tir de flash-ball. Il « risque de perdre un œil » a affirmé la maire (Verts) de Montreuil, Dominique Voynet, dénonçant des « violences policières ». La préfecture, qui avait qualifié de « légères » ces blessures plus tôt dans la journée, a précisé que ces informations venaient des services médicaux. L'Inspection générale des Services, la police des polices, a été saisie à la demande du préfet de Seine-Saint-Denis, Christian Lambert.
« Attendons donc les résultats pour savoir s'il y a eu abus ! Et s'il y a eu abus, naturellement, ils [les policiers] seront sanctionnés », a déclaré le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux.
« A partir du moment où des lycéens bloquent des établissements, nous ne pouvons plus répondre de leur sécurité, car certains blocages risquent de dégénérer en début d'émeutes urbaines », a expliqué l'inspecteur d'académie de Seine-Saint-Denis, Daniel Auverlot, à l’AFP. « Des éléments incontrôlables, qui n'appartiennent d'ailleurs souvent pas à l'établissement, profitent des blocages pour jeter des projectiles et commettre des dégradations. Et c'est regrettable », a-t-il ajouté.

« Les policiers doivent être équipés »

Jean-Claude Delage, secrétaire général du syndicat de police Alliance, dénonce sur RMC « certaines prises de position, plus ou moins claires, sur la participation des étudiants et des lycéens aux manifestations contre la réforme des retraites ». « Nous ne saurions accepter que les mouvements revendicatifs puissent servir de prétexte à des individus prêts a en découdre » avec les forces de l'ordre « et qui s'autoriseraient, en toute impunité, à casser et à brûler les biens d'autrui », ajoute-t-il. « Face à ce déferlement de violences, les policiers engagés sur des maintiens de l'ordre, souvent en nombre restreint, doivent être équipés impérativement des moyens de défense mis à leur disposition » conclue-t-il.

bourdinandco