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Manifestation contre la loi Travail: au moins quatre manifestants et huit policiers blessés à Paris

Entre 12.500 et 13.500 personnes, selon la police, 40.000 selon les syndicats, participent à cette dernière journée de mobilisation contre la loi Travail. Le cortège parisien a été émaillé par des échauffourées. Douze personnes ont été blessées et six ont été placées en garde à vue.

1.200 policiers sont mobilisés ce jeudi à Paris pour encadrer le cortège qui a défilé entre la place de la Bastille et la place de la République à Paris pour protester contre la loi Travail. Une sécurité renforcée qui n'a pas empêché les débordements.

Seize personnes ont été interpellées, pour deux d'entre elles, pour violences sur agent de la force publique. Quatre autres ont été arrêtées pour port d'arme prohibé, cinq pour jet de projectiles, trois pour rébellion et une pour dégradations, selon la préfecture de police de Paris. Après ces arrestations, six personnes ont été placées en garde à vue.

Evacuation par hélicoptère

Au moins quatre manifestants ont été blessés dans ces débordements, selon la préfecture de police de Paris, qui précise qu'aucun ne l'est gravement. Nos journalistes sur place font état de plusieurs blessés. Huit policiers ont également été atteints. Deux CRS ont notamment été brûlés, a-t-on appris de source policière. Un autre policier, blessé à la tête par un projectile, a été évacué par hélicoptère du boulevard Magenta. Les premières nouvelles sur son état de santé sont rassurantes.

"Plusieurs de mes collègues ont été blessés et ça me rappelle les tristes événements qui se sont déroulés entre mars et fin juin", déplore Philippe Lavenu, secrétaire national Ile-de-France du syndicat Alliance, qui parle de "plusieurs centaines" d'individus "aguerris à la guérilla urbaine".

Cocktails Molotov

Selon les organisateurs, 40.000 personnes ont participé à ce rassemblement, entre 12.500 et 13.500 selon la police. Dès le départ du défilé place de la Bastille, des échanges musclés ont eu lieu entre les forces de l'ordre et une partie des manifestants. Entre 150 et 200 d'entre eux, qui s'étaient positionnés devant la tête du cortège officiel, ont scandé des slogans anti-police et anti-capitaliste. De nombreux projectiles, des bouteilles, des canettes de bière, des pavés, ont été lancés par une partie de la foule sur les policiers qui ont riposté par des tirs de gaz lacrymogène. 

La tension est montée d'un cran à l'arrivée du cortège place de la République où des cocktails Molotov ont été lancés sur les forces de l'ordre devant le restaurant Indiana. Un des cocktails Molotov est arrivé aux pieds d'une compagnie de CRS dont l'un a été atteint par les flammes et a été brûlé à la jambe. Les policiers se sont alors réfugiés dans un renfoncement avant l'arrivée de renforts.

"On est en plein état d’urgence et on autorise une nouvelle manifestation, regrette Johann Cavallero. Il aurait peut-être mieux valu comme la fois dernière sanctuariser un parcours, comme ils ont fait autour de la place de la Bastille, mettre le nombre de forces de l’ordre conséquent afin d’éviter tous les débordements. On aurait pu canaliser un peu mieux, enlever du matériel urbain et avoir moins de blessés aujourd’hui."

Des abribus et du mobilier urbain ont également été dégradés à l'approche du lieu de dispersion de la manifestation. Malgré la fin du rassemblement, de nombreux manifestants se retrouvent bloqués sur la place de la République, l'ensemble des accès étant désormais fermés par les CRS. "Il faut absolument que les manifestants s'en aillent pour que nous nous puissions appréhender les casseurs", indique Luc Poignant, du syndicat Unité SGP Police. 

Des abribus et du mobilier urbain ont également été dégradés à l'approche du lieu de dispersion de la manifestation. Malgré la fin du rassemblement, de nombreux manifestants se retrouvent bloqués sur la place de la République, l'ensemble des accès étant désormais fermés par les CRS. "Il faut absolument que les manifestants s'en aillent pour que nous nous puissions appréhender les casseurs", indique Luc Poignant, du syndicat Unité SGP Police. 

Des violences ont également marquées les manifestations en province, notamment à Nantes. Au total, sur toute la France, 62 personnes ont été interpellées et 32 ont été placées en garde à vue, précise le ministère de l'Intérieur.

J.C.