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Bastia: incidents entre manifestants nationalistes et forces de l'ordre

Peu de temps après une manifestation qui s'est déroulée dans le calme, plusieurs dizaines de jeunes cagoulés ont lancé des cocktails Molotov sur les forces de l'ordre.

De violents incidents ont éclaté ce samedi, à Bastia, entre forces de l'ordre et manifestants nationalistes, qui ont notamment jeté des cocktails Molotov sur des voitures de police.

Plusieurs dizaines de jeunes cagoulés ont lancé des cocktails Molotov sur les forces de l'ordre assurant la protection de la préfecture de Haute-Corse, peu après la dispersion vers 16h30 d'une manifestation de soutien à de jeunes nationalistes corses condamnés début octobre par la cour d'assises spéciale de Paris pour un attentat commis en 2012.

Les jeunes cagoulés ont aussi commencé à incendier la poste centrale, située à environ 200 mètres de la préfecture, mais le sinistre a été rapidement circonscrit par les pompiers, de même que le début d'incendie de plusieurs véhicules de particuliers et des forces de l'ordre, atteints par des cocktails Molotov. Aucune interpellation n'a été effectuée dans l'immédiat.

Des effectifs renforcés sensiblement

Les CRS et les gendarmes mobiles, dont les effectifs avaient été sensiblement renforcés pour cette manifestation, ont riposté par des tirs de grenades lacrymogènes et de Flash-Ball. Ils ont ensuite bouclé le périmètre autour de la préfecture en déployant des camions et des cars. A 17h00, un calme relatif était revenu. Auparavant, la manifestation, à laquelle ont participé quelque 1.500 personnes selon la police, 4.000 selon les organisateurs, s'était déroulée sans incident.

Scandant "Liberta", les manifestants ont protesté contre la condamnation, le 6 octobre, de trois jeunes nationalistes, âgés de 22 à 24 ans, Nicolas Battini, Joseph-Marie Verdi et Stéphane Tomasini, à des peines de 8, 6 et 5 ans de prison ferme pour un attentat à la voiture bélier contre la sous-préfecture de Corte (Haute-Corse), le 1er avril 2012.

Des précédents

Les partis nationalistes, majoritaires à l'assemblée de Corse, et la Ligue des droits de l'homme avaient appelé à manifester. Plusieurs rassemblements ont déjà dégénéré en Corse depuis le verdict de la cour d'assises spéciale de Paris.

Avant la manifestation de samedi, des consignes de calme avaient été lancées par les dirigeants corses, notamment les présidents du Conseil exécutif de la Collectivité territoriale, Gilles Simeoni, et celui de l'assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, présent dans la manifestation, de même que le maire nationaliste de Bastia, Pierre Saveli, et de nombreux élus.

Le garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas avait lui aussi tenté d'apaiser les esprits en recommandant à l'administration pénitentiaire vendredi d'examiner "avec bienveillance" les demandes de transferts des condamnés sur l'île. Joseph-Marie Verdi, en fuite, n'a pas assisté à son procès devant la cour d'assises spéciale de Paris.

Jé. M. avec AFP