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Manger sain coûte trois fois plus cher

Le hamburger fait partie des aliments mauvais pour la santé, mais peu onéreux.

Le hamburger fait partie des aliments mauvais pour la santé, mais peu onéreux. - Justin Sullivan - Getty - AFP

Des scientifiques britanniques ont comparé une centaine d'aliments et demandé au gouvernement d'intervenir pour rendre les produits sains plus accessibles aux petits budgets.

Selon une étude réalisée par l'Université de Cambridge, publiée dans PLOS One, manger sainement coûte trois fois plus cher que de se nourrir de "junk food". Plus grave encore: l'écart de prix se creuse depuis 10 ans, les prix des produits de qualité augmentant plus vite que ceux de la malbouffe. Une situation qui pose un problème d'égalité mais qui soulève aussi des questions de santé publique.

Un panier trois fois plus cher

Les chercheurs ont examiné l'évolution des prix de 94 produits, classés par le gouvernement comme étant sains ou pas. Ils ont comparé un panier à 1.000 calories composé de saumon, yaourt et tomates et un autre équivalent composé de pizza, hamburgers, beignets. En 2012, le premier coûtait 9.50 euros alors que le second ne revenait qu’à 3.20 euros. Soit un écart de 6.30 euros entre les deux menus. Dix ans plus tôt, l’écart entre ces deux paniers moyens n’était encore que de 4.90 euros. 

Les chercheurs ont également noté que, sur les dix ans, les fruits et légumes étaient restés les denrées qui coûtaient le plus cher, les moins chers étant les féculents qui, eux, n’ont presque pas augmenté. 

Un problème de santé publique

"En moyenne, la population du Royaume-Uni consomme trop de graisses saturées et de sucres, et ne parvient pas à consommer suffisamment de poisson de fruits et légumes", déplore l’étude, qui met en relation ce constat avec le fait que 14,3% des maladies morbides du Royaume-Uni sont liées aux mauvaises habitudes alimentaires. Les chercheurs rappellent par ailleurs que les problèmes liés au régime alimentaire coûteraient plus cher au système de santé que le tabagisme, l’alcool ou l’inactivité physique.

Les chercheurs du Center for Diet and Activity Research ont donc demandé au gouvernement britannique d’intervenir afin de baisser les tarifs de la nourriture saine. L’auteur principal de l’étude, Nicholas Jones, estime en effet que "l’augmentation de la différence de prix entre les aliments plus ou moins sains peut contribuer à l'insécurité alimentaire croissante, l'augmentation des inégalités sanitaires, et une détérioration de la santé de la population".

Dans une enquête datée 2013 et citée dans l'étude, 39% des consommateurs du Royaume-Uni ont estimé que le prix était le facteur le plus important pour leurs choix de produits alimentaires, alors que seulement 9% des consommateurs britanniques ont considéré que c'était la qualité des aliments. De quoi s'interroger quand on constate qu'en France, 49% des consommateurs souhaitent réduire leur budget consacré à l'alimentation...

Aurélie Delmas