BFMTV

Malakoff: ils squattent leur propre immeuble pour déloger les dealers

Le 28 boulevard Stalingrad, à Malakoff, où les résidents squattent leur propre hall d'entrée pour déloger les dealers.

Le 28 boulevard Stalingrad, à Malakoff, où les résidents squattent leur propre hall d'entrée pour déloger les dealers. - Google Maps

En colère, les résidents d'un immeuble occupent leur propre hall d'entrée, afin d'y empêcher l'accès aux dealers.

Ils ont décidé de résister. Lassés que leur hall d'immeuble serve au trafic de drogues, ces habitants de Malakoff, dans les Hauts-de-Seine, ont tout simplement décidé de le squatter depuis deux semaines.

"Tout ce hall était envahi par une vingtaine de jeunes, qui, certains se mettaient sur les boites aux lettres. Certains se positionnaient dans ce coin là pour pouvoir fumer la chicha ou pour pouvoir se cacher des fois ou boire", raconte Béatrice, une résidente. 

Dans une coursive donnant sur un autre escalier, Béatrice explique que ce sont "les déjections de la soirée" qui étaient retrouvées quotidiennement. 

La diminution des moyens policiers mise en cause

Face à ces incivilités croissantes, les habitants ont donc décidé d’investir les lieux. Dans le hall, ils ont déployé une grande affiche marquant leur mobilisation. "Chers voisins les locataires occupent leur hall pour leur tranquillité. Rejoignez-nous tous les soirs", peut-on y lire. Leur action est par ailleurs soutenue par la municipalité qui déplore le manque de moyens investis dans la sécurité.

"Objectivement le nombre d’agents de police sur nos deux villes, puisque c’est pour Malakoff et Vanves, ont des effectifs qui diminuent maintenant depuis plus de 10 ans. Notre bureau de police de Malakoff a été fermé après les attentats de Charlie Hebdo et on n’a plus de police de proximité", déplore Jacqueline Belhomme, maire PCF de Malakoff. 

Grâce à leur présence dans le hall, les dealeurs prennent leur distance, mais les habitants réclament désormais des solutions plus durables. Dans l'immédiat, le bailleur social Paris Habitat a déployé un maître-chien pour sécuriser les parties communes. Une réunion doit également avoir lieu le 14 mars prochain afin d'apporter des réponses aux résidents excédés.

A. Mi, C. B avec Anne-Laure Banse