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Mailly : « Le patronat a un comportement de lutte des classes »

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Le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly a évoqué l’échec du dialogue social entre syndicats et patronat concernant la pénibilité.

Guillaume Cahour : Hier une négociation a eu lieu à propos de la pénibilité du travail, on se demande comment on intègre la pénibilité du travail dans l'accès à la retraite, avec peut-être une retraite plus élevée ou un départ plus tôt ; plus de trois ans de négociations avec le patronat, et finalement rien n'en ressort et il n'y a pas d'accord. Pourquoi ?

Jean-Claude Mailly : C'est de la faute du patronat. Ceux qui doutent que la lutte de classes n'existe plus ont la preuve qu'il y a encore des comportements de lutte de classes et c'est exactement celui du patronat. Dès qu'il faut mettre un euro quelque part, le patronat dit non.

Guillaume Cahour : Qu'est-ce que vous demandiez ?

Jean-Claude Mailly : Ce que l'on demandait c'était de la prévention et ça on en a discuté, mais à un moment donné il faut aussi ce que l'on appelle de la réparation. Quelqu'un qui a travaillé pendant 30 ou 35 ans, dans un secteur où il y a une vraie pénibilité physique, qui est complètement cassé, il ne peut pas continuer, il faut bien qu'il puisse partir avant.

Guillaume Cahour : Vous demandiez donc un départ plus tôt ?

Jean-Claude Mailly : Absolument, que l'on puisse partir avant quand on est cassé, quand on a 55 ou 56 ans, que l'on a travaillé dans le bâtiment, dans les abattages de viandes, ou dans la fonderie par exemple ; ce sont des métiers très fatigants et les gens sont cassés mais ils ne bénéficient même pas de leur retraite, ils ne peuvent pas en profiter physiquement.

Guillaume Cahour : Le Medef proposait un départ progressif à la retraite les dernières années, avec une rémunération évidemment moins élevée, et demandait une compensation par l'Etat ?

Jean-Claude Mailly : On tient bien les profits mais d'une certaine manière on se moque donc de la santé.

Guillaume Cahour : Ca veut dire que vous partez du principe que toutes les entreprises font des supers profits ?

Jean-Claude Mailly : Je ne parle pas de toutes les entreprises qui font des supers profits, je parle du patronat et de son comportement. Ce n'est pas une entreprise que l'on avait en face de nous, c'était les représentants patronaux. Dans les secteurs d'activité en question, certains secteurs sont plus touchés que d'autres : il pourrait y avoir une mutualisation dans les entreprises du patronat, que toutes les entreprises cotisent, y compris pour celles qui n'ont pas de pénibilité physique, mais pour une solidarité patronale. Ils ne veulent plus en entendre parler aujourd'hui. Ca veut dire qu'ils peuvent faire des cinémas sur le sociétal, mais à chaque fois qu'il faut à un moment donné une cotisation spécifique des entreprises sur ces questions de pénibilité, il n'y a plus personne et il n'en est pas question. Ca fait trois ans que cela traine, je demande maintenant au gouvernement de reprendre le dossier et de mettre en place une cotisation pour les entreprises.

Guillaume Cahour : C'est ce qu'avait d'ailleurs dit Xavier Bertrand ?

Jean-Claude Mailly : J'espère qu'il va le faire, non seulement qu'il reprenne le dossier mais aussi qu'il mette en place une cotisation pour les entreprises.

La rédaction-Bourdin & Co